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17 septembre 2017

Les incroyables et périlleuses aventures de Gabriel Latulipe tome 1 : L'alchimiste du mal par Benjamin Faucon

Auteur: Benjamin Faucon
Éditeur: AdA
Collection: ---
Pages: 328 pages
Parution: 8 septembre 2015


Quatrième de couverture: 

Au nord du royaume se trouve une imposante muraille protégeant la civilisation des assauts répétés d'une nature indomptable. Derrière ces murs de pierre, de menaçantes créatures voguent parmi une végétation aussi effrayante que luxuriante. 

En arrivant à l'académie des sciences de la nature, Gabriel s'imaginait que tous ses problèmes ne seraient que de lointains cauchemars. Pourtant, une simple excursion dans les terres interdites le plonge, avec son ami, dans un monde des plus sombres, là où le mal peut prendre l'apparence d'un arbre ou d'une simple plante. 

Et si toutes les craintes du royaume étaient réelles ? C'est ce que va découvrir Gabriel, bien malgré lui... 

Mon avis: 

Ce roman met en avant la vie de Gabriel Latulipe, 11 ans, qui entame un voyage bien particulier un jour où il tentait de fuir ses intimidateurs. Ce jeune garçon plein de vie attirait en effet les foudres de ses camarades de classe au vu de sa trop grande passion pour la nature. Il était donc le "nerd" par excellence, toujours la tête tournée vers les nuages ou vers le sol, à la recherche de nouveaux phénomènes à découvrir. Le jour où il tente d'échapper, une fois de plus, à ses poursuivants à la sortie de l'école, il se cache dans un buisson de roses, qui le transporte dans un autre monde tout à fait différent (Narnia ?), mais qui est en même temps similaire puisque ses parents et son voisin habitent aussi dans ce nouveau monde. 

On nous présente donc le périple de Gabriel à partir de ce moment, périple qui est marqué par son entrée à l'Académie des sciences de la nature, très loin de la résidence familiale. Gabriel s'y fera de nouveaux amis, et sera entraîné dans une affaire très dangereuse qui a alors lieu à l'académie. Bien honnêtement, je me sentais un peu dans un Harry Potter à l'école des sorciers remastérisé. Beaucoup d'éléments ont été repris, entre autres l'idée d'une entrée dans une nouvelle école où un professeur particulier ne l'aime pas beaucoup et est très sévère à son égard (Rogue), ou un ami qui est un peu bête mais loyal, et qui a peur de tout (Ron, et désolé si ma description du personnage ne ressemble pas à l'idée que vous vous faites de Ron), ou alors que le méchant est impliqué dans l'école. 

Je n'ai rien contre les histoires reprenant le schéma de Harry Potter. Il faut toutefois que cela soit bien fait. Malheureusement, je n'ai pas trouvé que c'était le cas ici. L'auteur n'a pas assez, à mon avis, axé sur les éléments originaux de son histoire. Premièrement, nous n’assistons réellement à aucun des cours de l'académie, ce que j'ai trouvé plutôt dommage considérant que le coeur du monde dans lequel est plongé Gabriel est très différent en raison de la déférence qu'ont les habitants pour la nature. Or, aucun passage du livre ne nous explique pourquoi est-ce que les habitants agissent ainsi, mais on sait par contre qu'il ne faut jamais couper une fleur ! C'est un élément de l'univers qui a été très mal exploité à mon avis. En effet, il y avait beaucoup de potentiel derrière cette idée de plantes plus "vivantes", ou alors de vision plus écologique de la préservation de la nature. Je n'ai donc pas été comblée par les informations qui m'ont été donné par l'auteur (soit, à mon avis, aucune). 

Ensuite, un autre élément que je reproche à ce livre se retrouve au niveau de l'écriture même. En soi, les passages narratifs et descriptifs du roman étaient extrêmement bien écrit, dans le sens que le vocabulaire utilisé était très riche et que l'on pouvait clairement se faire une idée de l'environnement dans lequel les personnages évoluaient. Le problème se situait au niveau des dialogues. En fait, ceux-ci étaient clairement rédigés pour des enfants de 11 ans, soit le public cible de l'histoire. Au contraire, le reste du roman employait plutôt un vocabulaire destiné à de jeunes adultes (ex: "conciliabules" ou "camaïeu", etc.). J'ai donc beaucoup de difficultés à déterminer à qui était destiné cette histoire, considérant que les enfants ne comprendront pas les passages autres que les dialogues et les adultes trouveront les dialogues trop enfantins. 

J'ai aussi trouvé qu'il y avait par moment un problème de rythme au niveau du récit. En effet, on voit bien que l'auteur veut donner le plus de détails possibles dans toutes les situations, ce qui est très bien dans certaines occasions, mais moins dans d'autres. Ainsi, au moment d'une course-poursuite, je m'attends à retrouver de très courtes phrases d'action, et non pas à savoir à quoi ressemble le chandelier et quel était son utilité dans le château (alors que celui-ci n'est même pas utilisé par le personnage). Cela cassait le rythme de peur et d'excitation, et rendait moins agréable la lecture. De plus, j'ai aussi trouvé un léger défaut au niveau des choix de certains termes dans l'histoire, mais je sais très bien qu'il s'agit d'une tare québécoise qui atteint beaucoup d'auteurs. En effet, j'ai retrouvé certains mots plus "québécois" dans le texte, et cela m'a un peu titillé (par exemple: accoté sur quelque chose). Ce n'est qu'un détail, mais je crois que nos amis européens n'auraient peut-être pas compris le sens de certains mots. 

Plus concernant l'histoire en tant que telle, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi Gabriel déteste autant ses cours à l'académie, considérant que c'était la seule chose qu'il voulait étudier quand il était dans son monde. De plus, il a aussi énormément changé de caractère en l'espace d'à peu près une semaine,  ce à quoi j'ai de la difficulté à adhérer. Les personnages doivent vivre des événements incroyablement difficiles pour changer de personnalité entre le début et la fin de l'histoire, ce qui n'a clairement pas été le cas. Je ne comprends pas non plus la soudaine indépendance de Gabriel vis-à-vis de ses parents. Jamais il ne tente de retourner dans son monde, ou même auprès de sa famille de ce monde. De plus, il n'y pense que très rarement, se satisfaisant de la présence de ses amis et professeurs. Je trouve cela quelque peu déconnecté de la réalité, surtout pour un enfant de 11 ans qui ne détestait pas sa famille à la base. 

Passons maintenant aux points que j'ai apprécié de l'histoire. D'abord, j'ai bien aimé le clin d'oeil à la Montérégie pour le nom du transport jusqu'à l'académie. J'ai aussi bien apprécié la référence du système politique à celui du Canada : une royauté sans réel pouvoir de décision, mais qui a tout de même une influence sur les décisions, et un gouvernement élu dirigé par un premier ministre et son cabinet. On s'entend toutefois pour dire qu'il s'agissait d'une utopie de la politique canadienne, considérant que la royauté anglaise n'a vraiment pas de pouvoir au Canada, ni même d'influence sur l'opinion populaire. J'ai aussi bien aimé l'intrigue en toile de fond qui se dessine au fur et à mesure de l’histoire, avec l'implication des technocrates. Encore une fois, il s'agit d'une très bonne idée avec un bon filon. Il ne reste qu'à bien l'exploiter dans le futur ! 

Comme vous le comprendrez à la lecture de mon avis, j'ai été quelque peu déçue par ce roman. Les éléments étaient là, mais n'ont pas été assez bien exploités. De plus, le style d'écriture de l'auteur au niveau des dialogues (et de la révélation trop facile d'informations) ne m'a pas séduite, et ce contrairement aux passages narratifs et descriptifs, qui étaient magnifiques. Je ne désire toutefois pas que ma chronique freine des lecteurs potentiels. Je suis consciente que je suis très négative au niveau de cette lecture, mais cet avis n'est que le mien et le vôtre peut être très différent de celui-ci. Je crois tout de même qu'un enfant de 10 à 14 ans saura mieux apprécié cette lecture que moi !

Toutefois, considérant le très grand nombre de petits éléments qui m'ont dérangé dans ma lecture, je ne poursuivrai pas cette série. 

9/12
Photo

30 novembre 2016

Légendes du Monde Émergé tome 2: La fille de sang par Licia Troisi

Auteur: Licia Troisi
Éditeur: Pocket Jeunesse
Collection: ---
Pages: 360
Parution: 23 août 2012


Quatrième de couverture: 

Dans un Monde Émergé désormais en ruine, la jeune Adhara doit accepter son identité : celle d'une créature non-humaine né pour combattre le mal... Poussée par l'unique désir de fuir son destin, traquée par ceux qui veulent profiter de ses pouvoirs, Adhara devra finalement faire face à son passé et s'allier à son plus vieil ennemi. Le Monde Émergé pourra-t-il échapper au chaos ? 

Mon avis: 

Ce deuxième tome met en jeu des problématiques auxquelles je ne m'attendais pas du tout à la fin du premier roman. L'auteure décide de se concentrer presque exclusivement à la résolution de ces "nouveaux" problèmes qu'elle fait apparaître au tout début du roman, ce qui a fait en sorte de quelque peu diminuer mon intérêt. En effet, ici, on ne se concentre pas du tout sur l'énigme principal. À part quelques chapitres parsemés ici et là au début et à la fin du roman, nous n'avons que très peu d'avancement en ce qui a trait à la quête principale de l'histoire.

Au tout début, Adhara et Amina décide de partir ensemble aux fronts, afin d'être utile pour la résistance contre les envahisseurs. Elles se rendent bien vite compte que leur fuite éperdue ne peuvent que mal se dérouler, et leur chemin finisse par se séparer. Cet épisode de la vie d'Amina la fait beaucoup évoluer, de même que les événements qui vont suivre. J'apprécie de plus en plus cette petite peste au fort caractère qui ne se laisse pas marcher sur les pieds !

Adhara, quant à elle, se retrouve seule avec Adrass, le magicien de l'ancienne secte des Veilleurs. Bien vite, dû à son état, elle se doit de rapidement trouver une solution pour que son corps ne se décompose pas lentement en petits morceaux. Adrass et elle partent donc à la recherche d'une très ancienne bibliothèque, oubliée de tous, afin de trouver le remède à son mal. Sérieusement, je ne sais vraiment pas ce qu'Adhara a fait d'autre dans ce livre, à part être dans cette bibliothèque... J'ai l'impression qu'ils y ont passé des années avant qu'il arrive enfin quelque chose. Bien sûr, ce périple leur a permis de mieux se connaître mutuellement et d'évoluer, mais j'ai trouvé ce passage plutôt longuet.

Toutefois, l'histoire des autres personnages, qui entrecoupait celle d'Adhara, permettait de me tenir en haleine. Par exemple, l'esprit toujours aussi torturé d'Amhal m'a donné des frissons à certains moments, de par les gestes qu'il a posés. Je ne m'attendais pas du tout à son association avec certains personnages aussi facilement, lui dont le rêve a toujours été contraire à ses agissements aujourd'hui. Toutefois, cela rajoute un peu de piquant à l'histoire, et ce n'est pas pour me déplaire au vu de la trame factuelle d'Adhara.

L'auteure maîtrise toujours aussi bien sa plume, même si, comme je le disais dans une précédente chronique, elle n'est pas aussi complète et majestueuse que dans mon souvenir d'enfant. On peut toutefois lui donner la maîtrise de l'évolution psychologique de ses personnages, dans une continuité du premier tome. J'aime beaucoup les divers événements auxquels sont confrontés Doubhée, Amhal, Adhara, Amina et Kalth dans ce deuxième tome, puisque je suis capable d'évaluer l'impact que ceux-ci ont sur ces personnages et dans quelle mesure cela les fait évoluer. Tous deviennent de plus en plus mûrs et sages, mais surtout réfléchis. Ils passent par-dessus leur volonté propre pour se dédier corps et âme à l'accomplissement d'une cause qui les dépasse. Les enfants abandonnent donc leur innocence et se confrontent directement à ce qui les entoure, en prenant les décisions qui s'imposent. J'ai vraiment adoré cette progression, que je ne me lasse pas de découvrir chez cette auteure.

Finalement, l'ambiance dans ce tome-ci était un peu moins post-apocalyptique comme dans le premier avec la maladie qui rongeait tout le monde et qui tuait des centaines et milliers de personnes. Au contraire, je dirais que l'auteure a un peu mis de côté cette problématique pour se concentrer plus, au niveau politique, sur la guerre à venir. On a donc encore l'impression que des gens meurent, mais plus inutilement (ceux qui auront lu le livre me diront que l'attaque contre la Terre du Vent contredit ce que je soutiens, mais bon), ou alors plus de la même façon. De plus, le tout est beaucoup moins mystérieux. Dans le premier, l'histoire commençait avec un personnage qui ne se souvient plus du tout de qui elle est, et se poursuivait par un combat contre un ennemi inconnu. Dans ce tome, au contraire, on sait qui est l'ennemi, et on sait quel est le rôle d'Adhara dans toute cette histoire. Les paramètres sont clairs, ne restent plus qu'à trouver des solutions...

Bref, ce deuxième tome était très bien comme continuité au premier, même s'il manquait quelque peu d'actions. J'ai tout de fois bon espoir que le prochain tome saura me combler à ce niveau, puisqu'il s'agit du dernier de cette série et qu'une guerre semble être sur le point d'éclater comme il se doit ! Je vous le conseille si vous aimez les histoires de fantasy où vous vous attachez aux personnages et où vous pouvez suivre leur évolution d'une façon réaliste.


20/12



6 novembre 2016

Tobie Lolness: La vie suspendue par Timothée de Fombelle

Auteur: Timothée de Fombelle
Éditeur: Gallimard Jeunesse
Collection: ---
Pages: 312 
Parution: Avril 2006


Quatrième de couverture: 

Se cachant au creux des écorces, courant parmi les branches, épuisé, les pieds en sang, Tobie fuit, traqué par les siens... Tobie Lolness ne mesure pas plus d'un millimètre et demi. Il appartient au peuple qui habite le grand chêne depuis la nuit des temps.

Parce que son père a refusé de livrer le secret d'une invention révolutionnaire, sa famille a été exilée, emprisonnée, condamnée à mort. Seul Tobie a pu s'échapper. Mais pour combien de temps ?

Mon classement: Coup de coeur

Mon avis: 

Je viens tout juste de terminer cette lecture et je ne pouvais que le chroniquer tout de suite. J'ai besoin de vous transmettre mon ressenti sur cette lecture immédiatement, de peur d'oublier des éléments qui m'empêcherait de faire une éloge complète à ce roman. 

Car oui, ici, il s'agira d'une éloge. Je suis tombée sous le charme, d'abord, de cet auteur génialissime, puis de ses personnages. Alors je me calme quelque peu pour vous faire un petit résumé du contexte, puis je vous explique ça. Nous sommes ici dans un monde très original où l'auteur fait évoluer ses personnages dans un arbre. Mais en fait, comme le suggère la couverture, les personnages sont en fait de minuscules bonshommes qui se sont organisés en société dans cet arbre. 

Nous rencontrons Tobie alors qu'il est en train de fuir les gens de son peuple. Nous plongeons littéralement dans la peur dévorante qui le consume, ainsi que dans son sentiment d'incompréhension vis-à-vis de cette chasse-poursuite dont il est le gibier. En effet, Tobie ne comprend pas vraiment ce qui se passe, hormis qu'il sait que son père a refusé de livrer un secret à la communauté et qu'il doit maintenant subir les conséquences de ce choix. Et je n'ai pas envie de vous en dire plus... 

Pour ma part, je suis plongée aveuglément dans ce livre, en ayant en tête que ce ne pouvait qu'être une bonne lecture. Les avis positifs pleuvent, et ils sont bien souvent au niveau du coup de coeur. Eh bien, je dois l'avouer, je n'ai pas pu résister moi non plus à lui accorder cette consécration suprême. C'est que ce livre est tellement merveilleux, aussi, qu'on ne peut rien y faire ! Que ce soit au premier ou au second degré, on ne peut qu'être charmé par le travail époustouflant de l'auteur. Cette petite histoire qui semble être destinée principalement aux enfants regorge en fait de leçons de vie et de parallèles qui ne peuvent que faire réfléchir le lecteur. Je n'ai même pas encore réussi à trouver toutes les analogies que l'auteur a fait, dans ce petit monde enfantin, avec les dures réalités qui composent notre monde actuel. Soulignons entre autres la référence à la couche d’ozone, que le professeur Lolness compare au trou formé par la chute de feuilles au fur et à mesure que l'arbre est exploité par les habitants. Ce simple petit exemple montre bien que, en creusant un peu, on peut trouver quantité d'analogies qui nous font sourire ou réfléchir, selon le cas. 

Et puis, nous arrivons au style de l'auteur. Je n'ai qu'une chose à dire: Wow ! Dès les premières lignes, j'ai tout de suite su que cette lecture allait être fabuleuse. L'auteur écrit d'une façon très poétique, mais sans tomber dans la lourdeur. Il vient nous chercher directement avec ses mots, qui sont toujours très bien choisis. Le vocabulaire est très riche et les idées excessivement bien exploitées. En fait, l'auteur joue un double jeu : il nous transporte grâce aux phrases et aux paragraphes dans son histoire, mais pas que. En plus, il se permet de jouer avec les mots. Ceux-ci ne sont jamais choisis à la légère et toujours très bien exploités. Cela fait de ce livre non pas l'un de ceux qui se dévore, mais bien qui se savoure. On a envie de le lire tranquillement, en ayant tout le temps devant nous. On veut faire de cette lecture un moment de détente, en captant et appréciant les moindres petites tournures de phrase que fait l'auteur. Puisque oui, chaque phrase de ce livre est un plaisir pour les yeux. Et même si l'histoire de Tobie devient un peu secondaire lorsqu'on se rend compte de la richesse des mots, on a tout de même envie de continuer notre lecture pour savoir ce qui va lui arriver ensuite. Je ne pourrais pas mieux décrire mon ressenti que comme ça, mais il faut que vous reteniez que vous devez lire ce livre ! C'est une vraie petite pépite cachée sous des allures de livre jeunesse ! 

Comme je le disais, même si je me suis beaucoup attardée au vocabulaire et aux messages cachés de l'auteur, j'ai tout de même su apprécier à sa juste valeur l'histoire principale. En effet, Tobie est un garçon très attachant dont la relative naïveté faisait apparaître des sourires sur mes lèvres. Il est très intelligent et ingénieux, mais surtout, il est d'une extrême gentillesse. De même, j'ai adoré le personnage livre et sauvage d'Elisha, qui ne cessait de m'étonner par sa rudesse, mais en même temps son grand cœur. Elle fait partie de mes deux personnages préférés, avec le père de Tobie, Sim Lolness. En effet, je me reconnaissais beaucoup chez ce professeur captivé par le monde qui l'entoure et qui désire plus que tout le bien-être de sa famille et de l'arbre. Il est même prêt à subir l'exil pour protéger ces deux choses chères à son coeur, et je l'admire beaucoup pour ça. 

Le schéma de l'histoire était lui aussi très bien fait. L'auteur a su faire progresser, sur la ligne du temps, le passé et le présent, sans s'attarder un peu trop à l'un ou à l'autre. De même, la narration du passé de Tobie et sa famille s'est terminé très tard dans le roman, ce qui rendait le tout assez addictif. Je suis aussi bien contente de cette fin, qui donne le goût d'avoir la suite là maintenant tout de suite. On veut savoir ce qui va se passer avec cette histoire, les décisions que va prendre Tobie et les réactions qu'auront les autres personnages. 

Somme toute, il s'agissait d'une excellente lecture que je suis bien contente d'avoir pris le temps de faire. Je remercie tout le monde d'avoir contribuer à faire connaître ce livre puisque, sans vous, je n'aurais jamais pu découvrir ce chef d'oeuvre. Ainsi, jeunes et moins jeunes, je vous recommande fortement cette lecture qui est menée sur deux tableaux à la fois, qui vous fera réfléchir sur de nombreux enjeux de notre monde actuel. J'espère, moi aussi, réussir à faire lire ce livre à ne serait-ce qu'une personne, pour que celle-ci puisse vivre tout ce que j'ai vécu. 

N'hésitez pas à me partager votre ressenti sur ce livre, qu'il soit en accord ou non avec le mien ! Je me ferai un plaisir d'échanger avec vous !     


23/12


12 octobre 2016

Kaïsha : L'enfant des trois mondes par Elisabeth Camirand

Auteur: Elisabeth Camirand
Éditeur: ADA
Collection: ---
Pages: 471 pages
Parution: 1er mai 2015


Quatrième de couverture: 

Kaïsha n'a que 13 ans lorsqu'elle apprend qu'elle est une enfant des deux mondes. Née d'un amour interdit, elle est condamnée à être rejetée et méprisée par tous. Résolue à découvrir la vérité sur ses origines, elle s'embarque dans un voyage qui la mènera jusqu'aux confins de la Terre. Un voyage qui changera son destin, mais aussi celui du monde. 

Classement: Argent

Mon avis: 

J'ai entendu parler de ce livre, en premier lieu, sur la chaîne de MaxBooking, un booktuber québécois. Il revenait alors du salon du livre de Québec, et avait fait une interview avec deux auteurs, dont Elisabeth Camirand. En découvrant d'où provenait l'idée de base de l'histoire de Kaïsha, je n'ai pas pu m'empêcher de vouloir découvrir ce livre. De plus, il était en prix de lancement (comme tous les tomes 1 des séries éditées par ADA), ce qui le rendait d'autant plus intéressant. Mais passons outre ! 

L'auteure a d'abord expliqué qu'elle avait eu l'idée de ce monde dans l'un de ses cours au Cégep. Le professeur soutenait alors que c'était l’environnement dans lequel les populations humaines évoluait qui changeait leur façon d'être et leurs valeurs, et ce même s'il provenait du même endroit au départ. Elisabeth Camirand a voulu pousser cette théorie au maximum: Que se passerait-il si des nations vivant dans des climats totalement différents décidaient (et donc ayant différentes valeurs et différentes façons de vivre), au lieu de faire la guerre, de s'ignorer complètement ? C'est donc là que lui est venue l'idée du personnage de Kaïsha: Et si un enfant avait des parents issus de deux nations différentes, que lui arriverait-il ? 

C'est donc ainsi que l'univers est né. Dans Kaïsha, il existe 5 mondes différents: le Désert, les Plaines, la Mer, la Forêt et les Montagnes. Ces 5 nations ne sont jamais en guerre, mais entretiennent aussi de très mauvaises relations. Les seules personnes qui sont réellement en contact avec des membres des autres nations sont les marchands et les voyageurs (qui gardent et nourrissent tout de même les préjugés via-à-vis des membres des autres nations). Juste là, j'étais vraiment intéressée par cette histoire ! Le monde que l'auteure a créé regorgeait, à mes yeux, de possibilités et l'approfondissement de ce concept d'ignorance entre les mondes m'attirait irrésistiblement. 

Je me suis donc lancée dans cette série avec, il faut le dire, beaucoup d'attentes. Nous commençons donc l'histoire avec Kaïsha, 13 ans, qui vient d'apprendre par sa mère adoptive qu'elle est une enfant des deux mondes. Or, il faut savoir, comme vous vous en doutez maintenant, que les enfants des deux mondes sont extrêmement mal perçus par l'ensemble des habitants de tous les mondes. Ils sont, habituellement, immédiatement rejetés partout où ils vont et sont voués à vivre seuls et dans la misère. Kaïsha prend donc peur, d'abord d'elle-même, puis des autres et du système dans lequel elle vit. Puis, elle se décide à aller retrouver ses parents, coûte que coûte, même si elle doit traverser le monde entier pour y parvenir. 

Dans l'ensemble, j'ai bien apprécié l'histoire de Kaïsha. On apprend à connaître cette jeune fille d'abord dans sa famille d'accueil, puis seule sur la route. Un certain événement vient complètement changer la tournure de l'histoire au tout début, et je dois dire que j'ai été bien contente de ce changement. En effet, étant beaucoup plus jeune, mes histoires préférées portaient justement sur un voyage qu'entreprenait un personnage (jeune de préférence) pour réussir à réaliser une quête, quelle qu'elle soit. Or, il était très rare qu'il arrivait un événement qui faisait dévier la quête aussi radicalement, et j'ai donc été agréablement surprise. 

Toutefois, malgré cela, le roman n'a pas réussi à rejoindre les attentes que je m'étais fixées. En effet, je m'attendais à une histoire plus poussée, qui met au coeur de son intrigue les relations inter-mondes de différents points de vue. Cela n'a pas été le cas. D'abord, on s'est beaucoup attardé sur la vie de Kaïsha et sa façon à elle de percevoir le monde avant d'apprendre qu'elle était une enfant de deux mondes. C'est à ce moment que je me suis rendue compte que ce livre n'était peut-être plus fait pour moi. En effet, j'ai alors remarqué que l'histoire s'adressait principalement à de jeunes adolescents. Si j'avais lu ce livre lorsque j'étais âgée de 12-13 ans, je l'aurais vraiment adoré. Il tombe parfaitement dans le genre d'oeuvres que je lisais alors et répond à beaucoup de mes anciennes attentes en matière de fantasy. Toutefois, aujourd'hui, je n'apprécie plus autant ce genre de livre. Pour que j'aime de la fantasy, elle doit être extrêmement bien décrite, précise (ce qui ne pose pas un problème ici), mais surtout utiliser un vocabulaire enrichi. Par exemple, les livres du Trône de fer de Georges R.R. Martin forment une saga de fantasy par excellence. Bien sûr, je n'ai pas une attente de retrouver la complexité du Trône de fer dans une saga de fantasy jeunesse, mais je ne m'attendais pas non plus à une narration visant un public très jeune. 

Dans un sens, je peux aussi dire qu'un tel désavantage pourrait être un avantage pour d'autres. En effet, c'est un livre qui se lit incroyablement bien et qui a une histoire qui pourrait intéresser de jeunes adolescents, ce qui en fait une très belle première immersion dans le genre de la fantasy. De plus, comme le personnage principal est une fille, cela pourrait même venir chercher l'intérêt de jeunes filles qui ne se voyaient pas du tout lire des livres se déroulant dans un univers imaginaire. 

Finalement, je parlerai un peu du personnage de Kaïsha. Alors, on peut dire qu'elle ne manque pas de courage, ni de naïveté. En effet, elle décide de s'embarquer dans un voyage pour retrouver ses parents alors qu'elle ne connaît pratiquement rien d'eux ni de l'univers dans lequel elle vit. Consciente de cela, l'auteure ne laisse absolument pas cette naïveté impunie et décide de confronter son personnage à la dure réalité de la vie dès les premiers chapitres. On peut donc voir la progression psychologique du personnage de Kaïsha, qui est en accord avec les obstacles qu'elle a dû surmonter depuis son départ du monde des Plaines. Pour cela, je lève mon chapeau à l'auteure. C'est rare de voir des auteurs réussir à choisir les bonnes péripéties à faire subir à leur personnage pour qu'il réagisse d'une façon convaincante à la fin du roman. 

Somme toute, il s'agissait d'un bon roman de fantasy jeunesse, qui aurait sans doute été un coup de coeur si je l'avais lu à 12-13 ans. Je suis tout de même contente d'avoir découvert cet univers par les yeux de Kaïsha, et je n'hésiterai pas à aller me procurer le deuxième tome lorsque j'aurai envie d'une lecture un peu plus légère. Je vous le conseille donc si vous n'êtes pas familier avec la fantasy et que vous voulez vous initiez tranquillement au genre, si vous êtes âgés de 10 à 15 ans ou si vous avez envie d'une lecture non prise de tête dans un univers de fantasy. Attention toutefois pour les plus jeunes: certaines scènes peuvent être quelque peu violentes, alors soyez certains que vous êtes prêts à être confronté à ce genre de situation avant de vous embarquez dans une lecture comme celle-ci !

Et vous, avez-vous envie de découvrir ce livre ? Qu'en avez-vous pensé, si vous l'avez déjà lu ? 



16/12





17 juin 2016

Le blogue de Namasté (Tome 1-2-3) par Maxime Roussy


Tome 1: La naissance des réglisses rouges 

Auteur: Maxime Roussy
Éditeur: Édition Marée Haute (puis La Semaine)
Collection: ---
Pages: 197 pages
Parution: 2008









Tome 2: Comme un poisson dans l'eau 

Auteur: Maxime Roussy
Éditeur: Édition Marée Haute (puis La Semaine)
Collection: ---
Pages: 201 pages
Parution: 2008









Tome 3: Le mystère du t-shirt

Auteur: Maxime Roussy
Éditeur: Édition Marée Haute (puis La Semaine)
Collection: ---
Pages: 194 pages
Parution: 2009








Classement: Argent 

Mon avis: 

Cette série ressemble quelque peu à Aurélie Laflamme par India Desjardins de par son principe. En effet, on retrouve ici Namasté, une jeune fille de 13 ans, qui décide de transférer l’écriture de son journal intime sur un blogue privé. Nous la suivons donc dès sa première journée à l’école secondaire. Namasté est une jeune fille pleine d’humour et d’énergie, qui n’hésite pas à s’affirmer. Cela la place parfois dans des situations quelque peu précaires…! Par le fait même, nous apprenons à connaître sa meilleure amie, son frère, Tintin (le meilleur ami de son frère), Mom, Pop et son papi.

Tout d’abord, il s’agit d’une série très jeunesse. Je l’avais commencé dans mon adolescence et je l’avais bien aimé. Ainsi, je crois qu’elle conviendrait à des jeunes filles de 11 à 15 ans. L’auteur joue ici vraiment le jeu : il se place dans la tête d’une jeune adolescente de 12-13 ans qui entre à l’école secondaire et nous dépeint la vie qu’elle mène. Je tiens aussi à spécifier que ce roman est écrit en « québécois », si je puis dire. En effet, les tournures de phrases et les expressions utilisées sont pleinement québécoises et je me demande vraiment si le texte resterait compréhensible pour quelqu’un qui n’est pas habitué à cette façon de parler. Je comparais Le blogue de Namasté et Aurélie Laflamme tout à l’heure, mais il faut bien comprendre que Aurélie Laflamme est écrit en français international en comparaison de Namasté ! Je ne tente pas ainsi de décourager d’éventuels lecteurs européens, je veux seulement que vous soyez avertis !

 J’ai bien aimé redécouvrir la vie de Namasté en tant que jeune femme de 21 ans. C’est assez extraordinaire comment la perception d’une histoire peut être différente à un âge plutôt qu’à un autre ! Lorsque j’ai lu cette histoire pour la première fois, j’étais à l’école secondaire. Ainsi, je comprenais parfaitement les raisonnements de Namasté et ses réactions face aux adultes en particulier. Maintenant, cette petite histoire me fait replonger dans mes souvenirs de ce temps-là. Je me sens donc très nostalgique lorsque je lis cette série.

J’ai appris, grâce à Livraddict, que cette série était une Chick-lit. Et je ne peux qu’être d’accord ! Il s’agit d’une histoire très légère par sa narration et parsemée d’images ici et là. L’auteur découpe son récit par journée et heure de rédaction par Namasté, et il inclut même des publicités automatiques sur son blogue. La légèreté est aussi induite par l’humour de la jeune femme que nous suivons qui, même dans les situations les plus difficiles réussit à trouver une comparaison qui nous fera sourire. Il s’agit du gros point fort de cette série.


Pour finir, je vous conseille cette série d’abord si vous êtes actuellement au secondaire (où que vous allez y entrer bientôt), mais aussi à tous ceux qui ont besoin de relaxer en lisant une histoire sans prise de tête. Et attention, cela ne veut toutefois pas dire que l’histoire est dénuée de tragédie, vous êtes prévenus ! 

10 mai 2016

Légendes du Monde Émergé: Le destin d'Adhara par Licia Troisi


Auteur: Licia Troisi
Éditeur: Pocket Jeunesse
Collection: ---
Pages: 525 pages
Parution: 5 janvier 2012


Quatrième de couverture: 

Une jeune fille se réveille dans un pays inconnu, sans même se souvenir de son nom. Amhal, apprenti chevalier du Dragon, va l'accompagner dans un long voyage à la recherche de son identité et il lui donnera un prénom: Adhara. Alors que la jeune fille retourne dans le passé pour découvrir qui elle est, Amhal doit fuir le sien pour sauver son âme. Car le destin d'Adhara est lié aux forces occultes qui tentent d'entraîner à nouveau le Monde Émergé dans l'obscurité - une guerre où la mort ne sera pas semée par l'épée, mais par une terrible peste noire...

Classement: Or 

Mon avis: 

C’est avec une joie immense que je me suis replongée dans l’univers du Monde Émergé, mais aussi que j’ai retrouvé la plume de Licia Troisi. Dans mon enfance, les deux trilogies « Chroniques du Monde Émergé » et « Guerres du Monde Émergé » faisaient parties de mes coups de cœur. En plus de mettre en avant plan des personnages avec de fortes personnalités (Nihal et Doubhée), le récit réussissait à réunir des intrigues très originales et parsemées de dragons (plus un pour moi !), tout cela narrer avec une plume magnifique. Je n’ai donc pas pu m’empêcher de me jeter littéralement sur cette nouvelle trilogie lorsque je l’ai aperçu à la bibliothèque !

Ce roman commence de façon énigmatique. Nous découvrons tout d’abord une jeune fille perdue dans une forêt, qui ne se rappelle absolument pas qui elle est, d’où elle vient ou ce qu’elle fait là. À part quelques réflexes qu’elle a dans certaines situations, rien ne nous suggère qu’elle avait une vie avant son réveil dans cette forêt. Nous suivons donc cette jeune fille jusqu’à un village, où elle essaie tant bien que mal de se faire aider. Elle y fera alors la rencontre d’Amhal, un chevalier du Dragon, qui décidera de l’aider à retrouver ses souvenirs. Commence alors une véritable épopée dans laquelle les jeunes gens feront diverses rencontres qui s’avèreront déterminantes pour le reste de l’histoire.

Je dois d’abord vous dire que je suis une fan de ce genre de début. Ce genre de  début où le personnage arrive à un endroit inconnu, alors qu’il ne se connait pas lui-même. Cette façon de faire amène tellement de possibilités ! En effet, le personnage avance ainsi très lentement dans sa découverte de soi-même, et cela nous permet de connaître tellement de détails sur l’histoire et la construction de sa personnalité que le récit devient immédiatement beaucoup plus riche ! On connait ainsi toutes les raisons de sa réaction à une situation de telle ou telle façon puisqu’on était là dès le début de sa vie. Ce n’est absolument pas ce qui se passe dans les livres ordinaires, où l’on découvre lentement le personnage principal, et que les raisons de ses agissements ne nous apparaissent que plus tard, lorsqu’il dévoile enfin certains pans de sa vie. Dans la même ligne que le début de Légendes du Monde Émergé, notons « Le Labyrinthe » de James Dashner, qui commence aussi avec un personnage qui ne se souvient de rien.  J’avais, encore une fois, beaucoup apprécié cet aspect puisque cela nous permettait de découvrir à fond le monde qui l’entourait.

Dès le début, donc, l’auteure m’a conquise. L’histoire prend ensuite place lentement mais sûrement, presqu’à la même vitesse qu’Adhara apprend à se connaître elle-même. Dans ce roman, j’étais très heureuse de revoir Doubhée et d’entendre parler de Nihal, de même que de plusieurs autres personnages qui étaient présents dans « Guerres du Monde Émergé ». On pourrait même croire que la trilogie « Légendes du Monde Émergé » en est une suite directe, contrairement au lien qui existe entre « Guerres du Monde Émergé » et « Chroniques du Monde Émergé ». En tous les cas, j’ai dû aller relire un résumé spoilant de l’histoire de Doubhée afin de me remémorer les événements qui s’étaient produits et comprendre qui était chaque personnage afin d’être en mesure d’apprécier à son plein potentiel ce roman.

Comme je l’ai dit au début de cette chronique, Licia Troisi était, dans mon adolescence, l’une de mes auteurs préférés. À tel point que mon top personnel, à ce moment-là, était : 1) Harry Potter, 2) Les Chevaliers d’Émeraude d’Anne Robillard et 3) Les deux trilogies de Licia Troisi. Cela vous montre à quel point j’avais hâte de me replonger dans cet univers ! Or, lorsque j’ai commencé ce livre, j’ai été quelque peu déçue. Non pas que l’histoire n’était pas bonne ou qu’elle était mal écrite, au contraire. Mais, dans mon souvenir, les récits de cette auteure étaient complets, remplis de détails plus anodins les uns que les autres qui permettaient de se sentir vivre dans les lieux qu’elle décrivait. Depuis, j’ai lu quelques livres de fantasy pour adultes, et la différence est assez flagrante. Non pas que les histoires du Monde Émergé ne sont pas assez approfondies, mais plutôt qu’elles pourraient l’être un peu plus. Bien sûr, il s’agit d’une trilogie qui s’adresse principalement à la jeunesse et, dans ces circonstances, la narration et les descriptions sont appropriées mais, comme j’adore cet univers, j’aurais voulu en avoir plus.

Toutefois, en poursuivant ma lecture, je me suis rappelée d’un élément qui avait fait en sorte que j’adorais cette auteure : elle est incroyablement douée pour faire évoluer psychologiquement ses personnages. Que ce soit avec Nihal, Doubhée et, ici, Amhal et Adhara, elle le fait toujours avec brio. Ce que j’entends par là, c’est qu’elle sait comment confronter ses personnages à des événements qui peuvent les faire changer, mais surtout elle sait dans quelle mesure les faire changer à chaque fois. Je ne trouve jamais superflu le changement de comportement d’un personnage face à une situation, parce qu’elle fait en sorte que cela va de soi après ce qu’il a vécu. C’est l’une des forces de ses histoires, et cela m’a longuement fait hésiter à attribuer le coup de cœur à ce livre. Il est passé très proche de l’être, mais ma légère déception au début de ma lecture a fait en sorte que je n’ai pas pu m’y résoudre.

Dans cette trilogie, nous rencontrons donc le personnage d’Adhara, qui n’a aucun souvenir de sa vie d’avant. Ainsi, lorsqu’Amhal lui propose de l’aider, elle se raccroche à lui comme un petit chat perdu et refuse de le lâcher. Grâce à certains événements, toutefois, elle devient de plus en plus indépendante et affirme d’autant plus ses convictions. Amhal, quant à lui, est un être qui doute toujours de lui-même. C’est un apprenti chevalier du Dragon qui, étrangement, est emparé d’une folie meurtrière à chaque fois qu’il doit tuer. Ainsi, la frontière entre le bien et le mal est très fine dans son cas et il est très facile de le faire pencher d’un côté ou de l’autre. Son entourage doit donc être choisi avec soin, de façon à ne pas se faire influencer dans la mauvaise direction. Je l’ai trouvé particulièrement intéressant et j’ai bien hâte de poursuivre ses aventures dans le prochain tome !

Somme toute, même si j’ai été quelque peu déçue au départ de constater que ma vision actuelle du travail de Licia Troisi n’est pas la même que ce que j’avais dans mon adolescence, j’ai tout de même bien apprécié ce roman. Le début était grandiose, à mon humble avis, puisqu’on sentait bien à quel point Adhara était perdue dans un monde qu’elle ne connaissait pas et on pouvait facilement se mettre dans sa peau. On sent bien que ce premier tome sert à placer en contexte les suivants puisque la fin nous promet toute une histoire ! Encore une fois, je suis ébahie devant le contrôle qu’à l’auteure sur l’évolution psychologique des personnages et je ne peux que me réjouir de les suivre dans le prochain !


Et vous, avez-vous lu ce livre ? Avez-vous une opinion différente de la mienne ? Dites-le moi dans les commentaires !  

9/12