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1 février 2016

Da Vinci Code par Dan Brown

 
Auteur: Dan Brown
Éditeur: Éditions JC Lattès
Collection: Thrillers 
Pages: 574
Parution: 3 mars 2004

Quatrième de couverture: 

Un éminent spécialiste de symbologie de Harvard est convoqué au Louvre pour examiner une série de pictogrammes en rapport avec l'oeuvre de Vinci. En déchiffrant le code, il met au jour l'un des plus grands mystères de notre temps... et devient un homme traqué.

Mon classement: Argent  

Mon avis: 

C'était la toute première fois que j'avais la chance de lire un roman de Dan Brown et je ne savais pas du tout à quoi m'attendre ! Je l'ai trouvé en parfait état dans un bazar de livres à quelques pas de chez moi. Évidemment, il était présent en au moins 10 copies, j'ai donc eu le loisir de choisir le mieux conservé de tous ! Et tout ça pour la modique somme de 4$, je ne pouvais pas passer à côté !

Il est très rare que je lis de la littérature proprement écrite pour adultes. J'en suis à mes premières expériences dans ce domaine (incluant Demain de Guillaume Musso et Les fourmis de Bernard Werber) et je ne sais jamais trop à quoi m'attendre. Je me suis rapidement rendu compte que je m'étais plongée dans un roman policier à saveur de chasse aux trésors et, malgré que je ne lise que très peu de policier volontairement, je me suis dit "Pourquoi pas?". Je lui ai donc laissé sa chance et j'ai très bien fait !

Tout d'abord, j'ai adoré le fait que l'ensemble des lieux, des indices, des énigmes et des faits aient autant de crédibilité. Le Da Vinci Code met en scène plusieurs questionnements existentiels des scientifiques d'hier et d'aujourd'hui sur des monuments historiques, des éléments de la foi chrétienne et catholique et des objets de légende. Mais l'auteur ne s'arrête pas là. En plus d'arriver à communiquer, par le biais de ses différents personnages, diverses théories sur l'existence du Saint Graal ou de certaines sectes religieuses, il finit par choisir pour nous une théorie qu'il rend vrai afin de pousser son enquête encore plus loin. Ainsi, même s'il s'agit d'un simple roman fictif, on amorce une véritable réflexion sur la religion et tous les mensonges possibles que leurs représentants ont pu nous faire croire tout au long des siècles précédents. Je crois que ce livre, publié 100 ans plus tôt, aurait pu être banni par la religion puisqu'il permet de mettre en doute plusieurs éléments de la foi (sans jamais insinuer pour autant que Jésus n'a jamais existé). Pour cela, je salue le travail de réflexion et de recherche de l'auteur, qui a voulu faire passer un message et qui a sans conteste réussi à le faire !

L'histoire en tant que telle est assez typique d'un roman policier. En fait, habituellement, je ne suis pas portée à lire du policier pour l'unique raison que le schéma d'enquête suivi par les personnages est toujours le même, ce qui devient lassant à la longue. Ici, cela ne déroge pas à la règle: les personnages trouvent la solution à une énigme, ce qui leur permet de découvrir une nouvelle énigme dont ils devront trouver la solution et ainsi de suite jusqu'à la conclusion finale. Pour Robert Langdon et Sophie, tout était beaucoup trop facile à mon goût pour la résolution de ses énigmes.. Jusqu'au trois-quarts du livre, rien de malheureux ne leur était arrivé. Ils trouvaient toujours la bonne solution et progressait sans obstacles dans leur quête. Une révélation finale, toutefois, m'a particulièrement surprise, ce qui a un peu rattrapé le coup puisque celle-ci a mis en grand danger l'ensemble de leurs découvertes. Pour un roman pour adultes, j'ai trouvé que, pour cet aspect seulement, les obstacles n'étaient pas à la hauteur d'un roman Young Adulte ou Jeunesse.

Parlons maintenant des personnages. J'ai bien apprécié Robert Langdon. Même en étant un expert en symbologie, il admet qu'il possède certaines lacunes en la matière et ne s'empêche pas de demander conseil à d'autres. Il est porté à faire confiance très rapidement à ceux qui en connaissent autant sinon plus que lui en la matière, ce qui l'aide beaucoup à faire progresser son enquête. Sophie, quant à elle, est très impliquée émotionnellement dans l'affaire, et cela transparaît quelque peu à certains moments. Elle hésite à faire confiance aux autres (tout comme son grand-père le lui avait conseillé), sauf pour Robert Langdon, qu'elle adopte en moins d'une seconde. J'ai toutefois bien apprécié sa force de caractère. La relation qui se développe entre ses deux personnages est clairement amicale, et c'est donc pourquoi je n'ai pas vraiment apprécié la fin du récit (sur ce point de vue).

Dans l'ensemble, il s'agissait d'une très belle découverte au niveau roman policier et classique dans le genre. J'ai vraiment apprécié le côté réel des éléments d'enquête et la réflexion profonde qui les accompagne. Il m'a permis de mettre en doute certains éléments de ma vie et d'amorcer une réflexion philosophique sur certains sujets. Même après l'avoir refermé, ses mots continuent de me faire réfléchir, ce qui est un gros plus. Pour ceux qui ne l'ont pas encore essayé et qui hésitent parce que le style policier ne fait pas partie de leur préféré, je vous conseille de vous lancer ! Ce livre dévie quelque peu de la lecture normale d'une enquête policière et permet donc de s'initier au genre tout en douceur !

Et vous, avez-vous lu ce livre ? Votre opinion est-elle la même ou est-ce qu'elle diverge complètement de la mienne ? Faites m'en part dans les commentaires ! 

17 décembre 2015

Demain par Guillaume Musso


Auteur: Guillaume Musso
Éditeur: Éditions XO
Collection: ----- 
Pages: 440
Parution: 28 février 2013


Quatrième de couverture: 

Elle est son passé…

… il est son avenir.

Emma vit à New York. À 32 ans, elle continue de chercher l’homme de sa vie. Matthew habite à Boston. Il a perdu sa femme dans un terrible accident et élève seul sa fille de quatre ans. Ils font connaissance grâce à Internet et bientôt, leurs échanges de mails les laissent penser qu’ils ont enfin droit au bonheur. Désireux de se rencontrer, ils se donnent rendez-vous dans un petit restaurant italien de Manhattan. Le même jour à la même heure, ils poussent chacun à leur tour la porte du restaurant. Ils sont conduits à la même table et pourtant… ils ne se croiseront jamais. Jeu de mensonges ? Fantasme de l’un ? Manipulation de l’autre ? Victimes d’une réalité qui les dépasse, Matthew et Emma vont rapidement se rendre compte qu’il ne s’agit pas d’un simple rendez-vous manqué…

Mon classement: Or

Mon avis:  

J'ai réussi à acquérir ce livre dans une vente de livres usagés dans le centre commercial près de chez moi. Il m'a immédiatement attiré par son bon état, d'abord, mais aussi par le nom de l'auteur, qui a une réputation à ne plus refaire. Sachant que plusieurs de mes amies aiment beaucoup les œuvres de Guillaume Musso (au point de toutes les avoir lues), j'ai décidé de saisir cette occasion de découvrir un nouvel auteur. Et je dois dire que j'ai été admirablement surprise, moi qui ne croyait pas aimer à la base.

Ce qui m'a le plus surpris, au départ, c'est la qualité de l'écriture. En effet, dès le début du roman, l'auteur nous en met plein la vue dans ses descriptions de personnages, de lieux et d'émotions. J'ai donc été bien contente de découvrir un auteur français qui ne se gêne pas pour utiliser un bon niveau de vocabulaire. J'ai toutefois remarqué que, dès que les cinquante premières pages ont été dépassées, le niveau littéraire a quelque peu diminué, sans que cela soit dramatique. En effet, on voit alors que l'auteur se concentre sur l'action plutôt que l'élaboration de belles phrases, ce qui est tout à fait normal dans un livre à suspense. Je crois toutefois que, si le niveau de langue était resté le même, j'aurais eu un coup de coeur pour ce livre. C'est le petit plus qui manque, selon moi.

Donc on entre ici dans deux histoires distinctes, soit celle de Matthew, qui vit à Boston, et celle d'Emma, qui habite à New York. Cela fait pratiquement un an que la femme de Matthew est décédée lorsqu'il s'achète un nouvel ordinateur et commence à clavarder avec Emma. Voyant qu'ils ont plusieurs points en commun, ils décident de se rencontrer dans un restaurant de New York. Ils se présentent alors tous les deux au restaurant, mais jamais ils ne se croisent. Que s'est-il passé ? Ce questionnement est l'un des nombreux mystères qu'il faut résoudre dans ce livre. En fait, on y va de révélations en révélations. Le tout est très bien orchestré et découle logiquement, sans qu'aucune erreur ne soit commise par l'auteur. J'ai bien aimé le fait que la réponse à chaque bizarrerie ne soit en fait que le début d'une nouvelle énigme. Je sentais que je n'arrêterais jamais de découvrir de nouvelles choses. Un petit point m'a toutefois dérangé: l'auteur nous laisse beaucoup trop de temps et d'indices pour résoudre ses "énigmes". Cela faisait donc en sorte que j'avais le temps de deviner ce qui se tramait et de viser juste, la plupart du temps, avant même que l'historie ne m'ait été révélée. Dans l'ensemble, toutefois, l'intrigue était très bien menée et faisait prendre à l'histoire des tournants que l'on aurait pas pu soupçonner en la commençant.

Dans ce roman, j'ai surtout apprécié le personnage de la colocataire de Matthew, dont le nom m'échappe actuellement. En effet, elle est très rationnelle et elle a une bonne influence sur Matthew et sur sa fille. J'ai aussi bien aimé les personnages de Matthew et Emma, mais ils ont chacun des caractéristiques qui font en sorte que je ne les adore pas autant qu'il le faudrait. Pour Emma, il s'agit de sa fragilité psychologique alors que pour Matthew, c'est sa grande sensibilité (ce qui est tout à fait normal pour un professeur de philosophie). Les deux sont donc prêts à tout pour atteindre leur but, et ce aux dépens du bonheur de l'autre. Leurs personnages son très attachants, toutefois, puisqu'en connaissant les moindres de leurs pensées, on découvre la misère qu'ils ont enduré dans leur passé ou qu'ils traversent en ce moment même et on ne peut que s'attacher à eux dans ces circonstances. L'un et l'autre ont beaucoup évolué au cours du roman à la suite des épreuves qu'ils ont dû traverser. Cela ajoute à l'histoire de voir Emma, par exemple, réussir à aller au-delà de la personne qu'elle est pour atteindre les objectifs qu'elle s'est fixée, qui changent sans cesse.

J'ai aussi bien apprécié l'ambiance dépeinte par l'auteur. En effet, on était ici plongé dans un monde mystérieux qui nous est, pourtant, complètement familier. Tout au long du récit, ce ne sont que des questionnements qui nous occupent l'esprit, au fur et à mesure que des indices s'ajoutent à la liste. À la fin, lorsque l'on a découvert l'ensemble de l'intrigue et des motivations de tous les personnages, c'est plutôt de la peur qui nous prend à la gorge. On a peur de ce qui peut arriver à nos personnages en connaissant la folie qui habite certains autres. Le ton change radicalement et toutes les actions s'enchaînent très rapidement. L'auteur a très bien fait transparaître le danger qui guette à chaque instant par l'utilisation de phrase courte et de peu de descriptions. Il a adapté son écriture à la situation, et je trouve cela très bien réussi.

J'ai l'impression de vraiment écrire très flou, mais c'est nécessaire pour ne pas spoiler ceux d'entre vous qui n'auraient pas encore lu le roman. J'espère toutefois que mon opinion est claire pour ceux et celles qui l'ont déjà lu !  

Bref, il s'agit d'une très belle découverte pour moi, qui ne connaissait pas l'auteur et qui ne lit pas souvent de ce genre littéraire. Si vous ne vous êtes pas encore lancé dans un Musso, je vous conseille vivement de laisser de côté vos préjugés et de vous y mettre. Sans doute serez-vous aussi étonné que moi par le bon moment que vous aurez passé à le lire ! Je vous souhaite donc de très belles lectures à toutes et à tous ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé à vous aussi ou si vous comptez le lire dans un avenir prochain !



13 décembre 2015

La Mémoire du lac par Joël Champetier


Auteur: Joël Champetier
Éditeur: Alire
Collection: ----- 
Pages: 274
Parution: 22 mars 2001
Il s'agit d'un livre québécois.

Quatrième de couverture:

Ville-Marie, petite ville sur les bords du lac Témiscamingue. Parmi la population, Daniel Verrier, que tous connaissent parce qu'il vient de perdre ses deux enfants en bas âge, morts par noyade.
Miné par le remords - il est en partie responsable de la mort de ses enfants-, délaissé par sa femme et aux prises avec de graves problèmes psychologiques, dont le moindre n'est pas une amnésie partielle, Verrier sombre lentement dans la folie.
Mais est-ce bien la folie ou s'agit-il... d'autre choses? Pourquoi le demeuré de la ville, Éric « la Poche » Massicotte, le poursuit-il sans relâche de son message sibyllin : Daniel, le lac attend? Et quel rapport y a-t-il entre ses malheurs et le charnier découvert dans les caves du manoir Bowman, où d'étranges rites amérindiens semblent avoir été utilisés?
Les réponses sont peut-être enfouies dans la mémoire déficiente de Verrier... ou au plus profond du lac Témiscamingue!

Classement: Argent

Mon avis: 

Ce livre est entré dans ma PAL bien involontairement il y a, à mes yeux, une éternité. En fait, j'ai participé, en Secondaire 4 (soit quand j'avais 15-16 ans, je dirais donc en 2011) à un concours d'écriture dans ma région et on m'a envoyé ce livre comme prix de participation. En lisant la quatrième de couverture, je n'avais alors pas été très emballée par l'histoire. En effet, ce roman ne semblait pas faire appartenir à mon genre préféré (soit la fantasy) et je ne voyais donc pas la pertinence de le lire en priorité à d'autres œuvres qui m'attendaient patiemment à la bibliothèque de l'école. Il a donc poireauté 5 ans chez moi sans que j'éprouve la moindre envie de m'y attaquer, tout en n'oubliant pas, toutefois, de le trimbaler avec moi dans mon nouveau logement. Ce n'est que durant le mois d'octobre 2015 que j'ai redécouvert son existence, au moment où je n'avais plus rien d'autre à lire (je venais tout juste de commander les 2 derniers tomes du Labyrinthe). Je me suis dit que cela constituerait un bel interlude dans mes lectures, étant alors motivée à lire tout ce qui me passait sous la main. Je l'ai donc commencé avec un peu d'appréhension... Je suis toutefois incapable de dire si cela a été une erreur. J'ai bien sûr aimé cette petite lecture très différente de mes habitudes, mais j'hésite à dire qu'il s'agissait d'un très bon roman au vu de certains points qui m'ont accrochée.

Tout d'abord, à la simple lecture de la quatrième de couverture, on en connait beaucoup trop sur l'ensemble du roman. En effet, on parle déjà d’événements qui se déroulent dans la deuxième partie de l'ouvrage et on donne des pistes de réflexion pour résoudre l'entièreté de l'intrigue. Personnellement, comme je n'y avais pas vraiment prêté attention avant de commencer à lire le livre, je n'ai donc pas pu ressentir les contrecoups de telles révélations au début de ma lecture, mais en relisant la quatrième au milieu du roman, je me suis fait dévoilé plusieurs péripéties que j'aurais préféré découvrir par moi-même. Je trouve donc que la maison d'édition n'a pas fait un bon choix en acceptant de mettre autant d'informations à l'arrière du livre, et j'ai cru remarquer qu'il s'agissait d'un problème récurrent chez celle-ci. À l'avenir, je suis prévenue: il ne faut pas lire les quatrièmes de couverture de l'éditeur québécois Alire.

Passons donc sur ce léger détail et concentrons-nous sur le cœur même du livre. J'ai tout d'abord voulu attribuer un genre à ce roman, afin d'être capable de le décrire, mais je me suis rendue compte que c'était impossible. En fait, j'ai réalisé qu'il changeait en fonction de la section de l'histoire dans laquelle je me trouvais: La partie intitulée "Sous la glace" relève plutôt du drame psychologique à la Shutter Island, alors que la section "Le manoir Bowman" serait plutôt policier/suspense et la dernière partie, soit "Les profondeurs du lac", relève presque de l'horreur. J'ai bien aimé comment l'auteur à amener la transition vers les différents genres. Il démontre ici une maîtrise parfaite de l'ambiance de son histoire puisqu'il réussit vraiment à faire ressentir les changements de ton au courant du récit.

Je dois aussi donner un autre crédit à l'auteur: il réussit à faire des descriptions extraordinaires de tout ce qui compose le récit. Cela signifie donc qu'en plus de bien visualiser les lieux et les personnages dans notre tête, on est aussi en mesure de ressentir l'ambiance dans laquelle ils sont plongés. L'ensemble de l'oeuvre est donc extrêmement bien dépeinte, ce qui apporte beaucoup à l'histoire. Je ne sais pas si vous serez d'accord avec moi mais, à mon avis, le fait que l'auteur soit capable de nous faire plonger tête la première dans son univers contribue grandement à l'appréciation de son oeuvre et à la capture de l'intérêt des lecteurs. Il ne reste alors qu'à créer une intrigue accrocheuse et addictive...

En gros, on se retrouve projeté dans la vie Daniel, qui a causé involontairement la mort de ses enfants, et dont sa femme l'a quitté très récemment afin de fuir les souvenirs de cette tragédie. La première partie de l'histoire se consacre donc à décrire le passé de Daniel, ainsi que les impacts que cela a dans sa vie actuelle. Dans cette partie de l'histoire, on se sentait vraiment dans un Shutter Island: on se demande sans cesse si ce qu'il voit est réel ou non, si le tout est le produit de son imagination. Pour couronner le tout, l'auteur a fait son récit à la première personne, de telle sorte que l'on est tout simplement dans la tête du personnage principal et que l'on a seulement connaissance de sa réalité à lui. Ensuite, on passe tranquillement à la deuxième partie du récit, où il refait sa vie et recommence à travailler et à avoir une vie sociale. Il y a alors une intrigue policière qui se place, après une certaine découverte par Daniel. C'est ici qu'entre en jeu les amérindiens et leur folklore, qui est brillamment amené par l'auteur. L'aspect "fantastique" du roman se met aussi en branle. Finalement, on aborde la dernière partie de l'intrigue. À ce moment, de nombreuses tragédies ont lieu, dont quelques meurtres qui toucheront de près ou de loin Daniel. On nous révèle aussi l'élément clé de l'histoire, mais l'auteur a mis tellement de temps avant de nous en parler plus concrètement qu'on a déjà deviné depuis longtemps de quoi il s'agit. L'intrigue m'a donc particulièrement plu, surtout son découpage en différentes parties (associées à différents genres littéraires) même si le dénouement final était beaucoup trop simple à deviner.

Ainsi, suite à la description exhaustive (sans trop l'être, je l'espère) de l'intrigue que je viens de vous faire, vous avez sans doute deviner que l'auteur s'est concentré en exclusivité sur le développement psychologique du personnage principal, soit Daniel. Comme il s'agissait d'un narrateur à la première personne, il était très facile de s'attacher au personnage dans la tête de qui l'on vit. L'auteur a aussi une certaine aisance à nous faire comprendre facilement les états d'âme et les réactions de son personnage à la perfection. En effet, il décrit largement le pourquoi du comment de ses pensées, de façon à ce qu'une personne n'ayant pas subi un accident puisse comprendre les bizarreries qu'il fait parfois. En y réfléchissant, on se rend compte que si l'histoire avait été raconté par l'un des amis de Daniel, nous n'aurions sans doute pas compris intuitivement ses agissements. Le seule point négatif que j'ai trouvé dans la personnalité de Daniel, c'est sa facilité déconcertante à accepter des éléments invraisemblables. Je me dis qu'il a eu un traumatisme crânien ou je ne sais quel autre problème suite à son accident et que cela pourrait être une conséquence logique de celle-ci, mais je n'arrive pas à comprendre sa crédulité. Il doute quelques secondes de la véracité des propos d'un personnage, puis il se fit entièrement à celui-ci comme si c'était dieu incarné. Pour moi, il s'agit d'un passe-droit qui sert seulement à faire progresser l'histoire plus rapidement et je considère que, si c'est le cas, cela a très mal été fait...
En ce qui a trait aux autres personnages, j'ai trouvé qu'ils leur manquaient un fond, comme si l'auteur s'était tellement attardé à peaufiner sa perle qu'il en aurait oublié les atours qui l'accompagne. Je n'ai donc pas réussi à m'attacher à l'un d'eux particulièrement.

Je vais maintenant abordé un aspect qui me déplaît particulièrement chez les oeuvres québécoises et qui explique sans doute pourquoi les autres lecteurs de la langue française de la planète sont moins attirés à lire ce qui provient du Québec. Tout d'abord, les personnages parlent en joual (ce qui signifie en fait que l'on écrit exactement les mots comme on les prononce, soit en les tronquant ou en en oubliant quelques-uns). Je n'ai aucun problème avec le fait que des auteurs puissent vouloir démontrer leur amour pour leur particularité dans l'utilisation de la langue dans leur pays. Toutefois, ils ne doivent pas s'attendre à ce que leurs œuvres puissent être publiées ailleurs que dans le pays où les habitants comprennent cette langue. Personnellement, cela ne me dérange pas de lire des dialogues écrits en québécois parce que je comprends bien les particularités du langage. Je ne comprends toutefois pas qu'est-ce qui peut amener un auteur à vouloir préférer cette façon de dialoguer plutôt que celle reconnue internationalement, soit qui utilise les mots inscrits dans un dictionnaire. Je ne ferai toutefois pas le procès de leurs choix ici, mais je trouve particulièrement déplaisant de constater que la plupart des œuvres québécoises sont écrites en joual et ne peuvent donc pas sortir du Canada (et même du Québec!). Deux autres clichés de romans québécois peuvent aussi être retrouvés dans ce roman: la présence d'Amérindiens dans l'histoire et le fait que celle-ci se déroule dans un petit village en région, où tout le monde connaît tout le monde. Je ne souligne pas que ce sont des aspects négatifs de ce roman, mais plutôt qu'ils reviennent beaucoup trop souvent dans notre littérature et qu'il s'agit donc d'un manque d'originalité (cela ne s'écarte pas vraiment de ce qui se fait habituellement dans le même genre).

Somme toute, c'était un bon roman malgré les petites anicroches énumérées précédemment. Il est rare de pouvoir lire un bon roman fantastique québécois et je félicite donc l'auteur de s'être lancé.