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26 février 2018

Après nous tome 1: Au commencement par Myra Eljundir

Auteur: Myra Eljundir
Éditeur: Robert Laffont
Collection: R
Pages: 369
Parution: 23 novembre 2017


Quatrième de couverture: 

Les visages les plus angéliques sont les masques des démons les plus cruels. 

Jeune fille à la beauté ensorcelante et à la voix envoûtante, Jezebel Kern a tout pour être heureuse... Mais elle porte en elle un secret qui la ronge chaque jour davantage... 
Lorsque ses parents meurent dans un terrible accident, Jezebel découvre une effroyable vérité sur son passé et le leur. Elle se sent trahie, son univers s'effondre. Y a-t-il un lien avec son secret ? Qui est-elle vraiment ? 
Il est des questions dont il vaut mieux ne jamais connaître les réponses... Celles que Jezebel trouvera risquent bien de faire vaciller ses croyances comme sa raison. 

Mon avis: 

Cette lecture m'a été envoyée par Collection R Canada, que je tiens à remercier ! La couverture m'avait tout de suite accrochée (de même que la réputation de l'auteure, qui a aussi écrit la série Kaleb) et j'ai donc décidé de m'y lancer tête première, sans avoir lu le résumé (Ah, quelle personne superficielle je suis!) Toutefois, si vous avez envie de le lire, je vous déconseille fortement le résumé qui est sur les versions françaises du livre, puisque celui-ci révèle plus de la moitié de l'intrigue ! Je vous conseille plutôt notre cher résumé canadien, qui semble avoir corrigé ce petit défaut ! 

Nous rencontrons ici Jezebel, jeune adolescente, qui déménage dans une famille d'accueil à la suite du décès de ses parents dans un accident de voiture. Nous la voyons donc s'adapter tranquillement à son nouvel environnement, notamment sa nouvelle école. Toutefois, Jezebel a un secret qu'elle tente à tout de prix de cacher au monde, afin de limiter les répercussions qu'il pourrait entraîner: sa voix est magique ! Mais il ne faut pas vous y tromper, nous ne parlons pas ici d'une belle petite magie toute mignonne ! Quelles en seront les répercussions ?

Quand j'ai commencé ce roman, je m'attendais à retrouver des éléments d'un univers fantastique. Tant la couverture que le résumé le laissait présager. Or, ce n'est pas vraiment ce à quoi j'ai eu droit : on m'a offert une histoire contemporaine avec des relents de fantastique, plutôt que le contraire. Je suis d'abord restée un peu surprise par cette tournure, mais j'ai fini par m'y faire. Là où le bât blesse vraiment, c'est plutôt par rapport à la lenteur de la progression de l'intrigue ! Au bas mot, il ne se passe strictement rien jusqu'à la page 250, où l'histoire devient ENFIN intéressante. Je sens ici non pas une erreur de la part de l'auteure, mais plutôt une volonté de prendre son temps et de bien présenter les différentes caractéristiques de ses personnages. C'est pourquoi, pour moi, cette histoire n'était qu'un tome Préquel, et ne peut pas faire office de tome 1. En fait, si l'auteure voulait faire un premier tome, elle aurait dû commencer son histoire à partir du moment où d'autres personnages entre en jeu, soit dans les alentours des pages 250-300.

Attardons-nous maintenant aux personnages. Tout d'abord, Jezebel ne m'a pas fait une grande impression. En fait, on dirait qu'elle a deux personnalités, qui ne sont pas du tout capable de s'imbriquer l'une dans l'autre. Mais le pire avec elle, c'est qu'elle montre une attitude selon laquelle elle ne veut pas trop s'attacher aux gens qui l'entourent, mais en même temps elle finit en couple après seulement quelques heures à l'école...! Et on nous sert du "Je t'aime, moi non plus" à n'en plus finir, avec des reproches à l'autre parce qu'il n'est pas assez amoureux et impliqué dans la relation (qui, je le rappelle, s'élève à 2 jours d'existence) Mais hey, il fallait bien qu'il y ait de la romance, c'est un livre destiné aux adolescents ! Et tout ça en plus de la scène torride déplacée que l'auteure nous présente, parce qu'il faut vraiment démontrer que les adolescents ont des hormones ! (soupir) Bref !

Toutefois, j'ai plutôt apprécier les personnages de Noé et de Rowan, plus particulièrement lorsqu'ils sont le plus loin possibles de Jezebel. Leur relation est incroyable, de même que leur caractère individuel, et je les adore tout bonnement ! Leur famille est aussi un exemple d'ouverture très intéressant, que l'on ne retrouve pas forcément dans tous les romans du même genre, ce qui donne une certaine fraîcheur à l'histoire !

Pour ce qui est de la plume de l'auteure, je dois avouer que je ne l'ai pas particulièrement remarquer durant ma lecture. Habituellement, c'est un bon signe qu'elle était fluide et d'assez haute qualité pour que le tout coule facilement, avec un champs lexical d'émotions négatives et de méchanceté qui était assez présent ! Le seul petit point que j'ai moins aimé à ce niveau était le changement de narrateur à l'intérieur d'un même chapitre, ce qui faisait que l'on pouvait se retrouver rapidement mélangé sur la personne que l'on suivait à certains moments ! Je voulais aussi faire une mention toute spéciale au Prologue, qui était tout simplement génial !

En bref, je termine cette lecture avec un avis mitigé, notamment par le fait que l'histoire n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais, et qu'en plus elle a pris des centaines de pages avant de réellement démarrer. Je n'ai pas non plus su apprécier les relations que développent Jezebel avec son entourage, même si je dois reconnaître que l'un des points forts de l'auteure consiste à développer des personnages complexes, et des anti-héros de surcroît ! Je crois que je me pencherai sur la suite, en me croisant les doigts pour qu'il mette en avant plan les aspects fantastiques de l'intrigue et que celle-ci avance plus rapidement !

Encore une fois, merci beaucoup à Collection R Canada pour l'envoi !



6 janvier 2018

Animale tome 1: La malédiction de Boucle d'or par Victor Dixen

Auteur: Victor Dixen
Éditeur: Gallimard 
Collection: Jeunesse
Pages: 437
Parution: 22 août 2013


Quatrième de couverture: 

1832. Blonde, dix-sept ans, est cloîtrée depuis toujours dans un couvent perdu au milieu des bois. Pourquoi les sœurs l'obligent-elles à couvrir ses cheveux d'or et à cacher sa beauté troublante derrière des lunettes sombres? Qui sont ses parents, et que leur est-il arrivé? Alors qu'elle s'enfuit pour remonter le fil du passé, Blonde se découvre un versant obscur, une part animale : il y a au cœur de son histoire un terrible secret.

Et si le conte le plus innocent dissimulait l'histoire d'amour la plus terrifiante?

Une héroïne inoubliable, une traque haletante, un amour fou. De l'obscure forêt des Vosges aux rivages du Grand Nord et jusqu'aux caves du Vatican, Victor Dixen emporte le lecteur dans une vertigineuse aventure mêlant romantisme et fantastique.

Mon avis: 

J'avais beaucoup entendu parlé de cette réécriture de conte lors de mon retour sur la blogo il y a près d'un an, et il m'intriguait beaucoup ! Je n'avais jamais lu de réécriture de conte à ce moment-là, et je me suis donc laissée séduire par la belle couverture, l'histoire de Boucle d'or ainsi que la renommée de l'auteur (notamment pour sa série Phobos).

Dans cette histoire, nous suivons Blonde, qui est cloîtrée dans un couvent depuis sa prime jeunesse. Cloîtrée est effectivement le terme juste : elle n'a jamais eu le droit d'en franchir les murs. À l'occasion, des filles issues de bonne famille y séjournent pour recevoir un enseignement de la part des soeurs qui y vivent, et Blonde se mélangent au groupe. Toutefois, elle ne réussit jamais à y trouver sa place... Cela est tout à fait explicable, considérant que les soeurs l'obligent à couvrir ses cheveux d'or et ses yeux bleus en tout temps, ainsi qu'à habiter dans la chambre la plus petite et humide du couvent, à l'autre bout du bâtiment.

L'histoire commence donc ainsi. Dès le départ, je n'ai pas réussi à connecter avec le personnage de Blonde. Elle m'est apparue capricieuse, lunatique et dépourvue de bonne volonté. Elle n'arrête pas de causer des tas de problèmes dans le couvent, même si c'est bien malgré elle. Comme tous les enfants orphelins, elle tente de briser sa routine grâce aux moindres petits éléments de nouveauté qui peut se présenter dans sa vie, et elle est obsédée par le monde extérieur. Cela peut se comprendre, considérant son histoire. Malgré tout, je n'ai pas réussi à m'attacher à elle.

Sa quête pour comprendre certaines lettres qu'elle reçoit, son état et ce qui l'a mené à la situation actuelle m'a de prime abord intéressée, mais j'ai fini par me lasser au fil des pages. Les événements n'avançaient pas, et j'ai eu beaucoup de peine à ne pas laisser tomber cette lecture. De plus, les explications finales que j'attendais avec impatience ne m'ont pas convaincues. Le tout était peut-être un peu trop tiré par les cheveux, en impliquant une forte de dose de hasards fortuits qui apparaissaient juste au bon moment pour nos héros... Ce qui est encore plus dommage, c'est que les éléments tirés du conte de Boucle d'or et les trois ours sont justement ceux qui m'ont le plus paru invraisemblables. Je n'ai pas adhéré à la théorie se cachant derrière les fameux "yeux rouges" de Blonde, ni même l'histoire des origines de sa famille.

Je suis toute de même en mesure de comprendre pourquoi l'histoire a plu à tellement de gens, mais je n'ai personnellement pas réussi à l'apprécier à ce qui semble être sa juste valeur. Après cette lecture, j'étais un peu découragé de lire d'autres réécritures de conte, mais je suis tout de même passé par-dessus pour tenter un nouvel essai avec Les chroniques lunaires. Or, comme vous avez pu le constater, j'ai tout simplement adoré cette série, dont je suis en train de terminer le dernier tome. Je crois donc, au final, que soit je n'ai pas lu ce roman au bon moment dans ma vie, soit l'histoire ou les personnages ne me correspondaient pas assez pour apprécier ce roman, car ce n'est clairement pas l'aspect "réécriture de conte" qui a posé problème.

Dans tous les cas, je vous conseille tout de même de l'essayer si jamais le résumé vous fait envie, car de nombreux internautes l'ont absolument adoré, et cela pourrait aussi être votre cas ! Pour ceux qui l'ont déjà lu, l'avez-vous apprécié, ou êtes-vous plutôt du même avis que moi ? Dites-moi tout dans les commentaires !

15 décembre 2017

Incandescence tome 1: Feu et ombre par Janney Deveault

Auteur: Janney Deveault
Éditeur: Luzerne Rousse
Collection: ---
Pages: 347
Parution: 21 juin 2017


Quatrième de couverture: 

On raconte qu'au début des temps, il n'y avait qu'un tout.
Une fragile source d'énergie qu'on appelait la Quintessence. 
Quatre éléments émergèrent de ce tout. 

Initiée d'une des quatre lignées, Aelys est capable de manipuler le feu. Son quotidien se résume à dénicher des Potentiels, former des Initiés et combattre l'Ordre, jusqu'au jour où elle fait la rencontre de Liam. Une violente attirance la pousse inextricablement vers ce jeune homme énigmatiques qui fait toutefois partie de l'organisation ennemie. 

Une sombre machination se met alors en place à l'insu d'Aelys et de Liam. De Londres jusqu'aux bordures de l'Écosse, ils devront mener un combat sans merci, jusqu'au sacrifice inconcevable qui scellera leur destin. 

Mon avis: 

J'ai rencontré l'auteure de cet ouvrage au Salon du livre de Montréal, où j'ai eu la chance de parler un peu avec elle, et de me faire dédicacer mon exemplaire. Je l'avais vu passer à de nombreuses occasions sur la blogo québécoise, et j'étais très heureuse de pouvoir le découvrir pour me faire mon propre avis à son sujet. Si vous ne les connaissez pas encore, je vous invite à découvrir la toute nouvelle maison d'édition québécoise Luzerne Rousse, qui vous propose pour le moment 4 romans destinés aux lecteurs Young Adult, incluant celui-ci. Et oui, les couvertures de leurs livres sont toutes aussi sublimes que celle-ci !

Entrons maintenant dans le vif du sujet. L'histoire raconte la vie d'Aelys, une Initiée de la lignée des Incandescents, qui est capable de manipuler le feu. Or, au lieu de commencer l'histoire au moment où ce personnage principal découvre ses pouvoirs et doit les maîtriser, l'auteure a plutôt décider d'innover et d'en faire une guide pour les nouveaux Initiés. Ainsi, le rôle d'Aelys se résume à trouver de nouveaux Initiés, les ramener au refuge de sa famille et les former. En plus de tout ça, elle doit aussi s'assurer que l'Ordre, une organisation anti-magie, ne capture pas les Initiés avant même qu'elle les ait trouvés.

Tout d'abord, j'ai beaucoup aimé la référence qui a été faite à X-Men ici. Le rôle et la maturité d'Aelys permettent d'avoir une perspective différente de ce que l'on peut voir habituellement dans ce genre d'histoire. En effet, au lieu d'être le pauvre Initié qui ne comprend rien de ce qui se passe et doit apprendre à vivre avec ses pouvoirs, on se retrouve plutôt avec une femme "mûre", qui a déjà su les apprivoiser. Ainsi, la mise en place de l'histoire est faite très différemment, même si l'on réussit tout de même à obtenir les informations essentielles pour comprendre l'univers qui a été construit par l'auteure via une façon détournée. J'ai vraiment apprécié cette originale mise en contexte, considérant qu'elle nous permet de nous plonger directement dans le cadre de l'intrigue, sans que la maîtrise d'Aelys sur ces pouvoirs ne semble irréaliste. Par la bande, l'auteure nous amène aussi à découvrir le processus de maîtrise de ces pouvoirs, sans que cela en vienne à constituer le cœur de l'intrigue.

Et puis survient l'intrigue principale, avec l'apparition de Liam dans le décor. Comment décrire Liam ? Eh bien, je dirais qu'il est mystérieux et attentionné, gentil, mais torturé. Il pense au bien des autres avant le sien dans certaines circonstances, surtout quand il s'agit de personnes importantes pour lui. Il est même capable d'aller au-delà des préjugés pour aider une personne qui lui est chère, et ce n'est pas peu dire dans sa situation. Contrairement à plusieurs, je ne suis pas tombée amoureuse de ce personnage, et ce malgré qu'il porte le plus beau prénom qui soit ! Je l'ai trouvé beaucoup trop impulsif et dévoué vers la fin du livre. Il ne faut toutefois pas croire que je ne l'apprécie pas, au contraire ! C'est seulement que le potentiel amoureux entre lui et moi est assez inexistant dans les faits.

Entre lui et Aelys, par contre, on sent bien la flamme (sans mauvais jeu de mots). Une bonne partie de l'intrigue se concentre sur le développement de cette relation, et ce au travers de l'action et des escarmouches de l'Ordre. Les thèmes de la confiance, de l'amitié, de l'amour et des risques de l'impulsivité sont mis de l'avant ici, créant un cocktail explosif de milles et un retournements de situation. La rencontre de ces deux personnages au caractère fougueux n'est pas de tout repos !

Nous en arrivons maintenant à ma partie préférée: la plume de l'auteure. Je la décrirai en deux mots: riche et renversante ! Il faut savoir qu'au Québec, les auteurs ont tendance à utiliser le langage parlé à l'écrit, que ce soit seulement dans les dialogues ou dans l'ensemble du récit. Ici, il n'y avait absolument aucune référence au Québec et à sa langue, ce qui m'a fait un bien fou ! Je comparerais ce phénomène à ce que l'on peut retrouver dans d'autres récits fantastiques québécois, tels que les oeuvres d'Anne Robillard ou d'Elisabeth Tremblay. Dans ces récits aussi, on se détachait complètement de la culture québécoise, pour donner un ton plus international à l'oeuvre. Toutefois, je dois l'avouer, la plume de l'auteure était ici bien plus riche que celle de ces grandes auteures québécoises. Chaque mot avait une signification, qui enrichissait la phrase sans jamais l'alourdir. Considérant qu'il s'agit du premier roman de l'auteure, je lui lève mon chapeau pour son talent d'écriture !

Je finirai cette chronique en commentant la fin de l'histoire. En fait, il s'agit du seul point négatif que j'ai pu trouver à ce roman. L'auteure nous entraîne dans un premier tourbillon d’événements, avec beaucoup d'actions et de révélations. Puis, elle nous fait entrer dans un deuxième tourbillon, un peu plus petit mais chargé d'encore plus de révélations essentielles pour la suite de l'histoire. Selon moi, la deuxième série d’événements était de trop. Je n'ai pas eu le temps de me remettre de mes émotions et d'assimiler l'implication des nouvelles informations fournies avant qu'on me sature de plus belle. J'ai compris à la fin que l'auteure avait un objectif bien précis en tête, qu'il fallait qu'elle atteigne pour arriver à la fin de son histoire, mais je crois que les actions pour y parvenir auraient pu être mieux espacées ou moins fournies en révélations importantes.

Je suis donc bien contente d'avoir découvert ce récit urban fantastique, que j'ai beaucoup apprécié entre autres pour son originalité, ses personnages et sa plume. J'ai toutefois moins aimé la fin, qui était un peu trop chargée à mon goût. En y repensant, je me rends aussi compte que je n'ai pas vraiment remarqué dans quelle ville se déroulait les actions de l'intrigue. Je sais que l'histoire avait lieu en Angleterre, mais cela aurait pu être n'importe où ailleurs et l'histoire n'en aurait pas été modifiée. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il n'y avait pas de signes distinctifs nous confirmant que l'histoire se déroulait bien en Angleterre, et non au Québec par exemple. Cela pourrait être corrigé en ajoutant un peu plus d'éléments spécifiques à telle forme d'architecture de bâtiment ou à tel type de commerce particulier dans les descriptions.

Bref, je vous conseille vivement ce roman si vous êtes friands de fantastique et de romance, le tout regroupé sous une superbe plume ! Il s'agissait d'une excellente lecture pour moi, qui réussit à renouveler le genre fantastique ! J'ai très hâte de découvrir le prochain tome de ce roman, et de pouvoir connaître la suite des aventures de Liam et Aelys !

***Petite note supplémentaire: J'ai aussi trouvé plusieurs erreurs plutôt liées à la forme du livre qu'au fond. Par exemple, des phrases qui devraient être en italique (parce que ce sont des pensées) et qui ne le sont pas, et aussi des erreurs au niveau du coupage des mots en deux à la fin de certaines lignes, qui n'avait pas été bien fait. Cela nuit un peu à la fluidité de la lecture, et pourrait être corrigé aisément afin d'en améliorer la qualité.

19/12
Photo

2 décembre 2016

Le voleur de coeur par Rawia Arroum

Auteur: Rawia Arroum
Éditeur: Michel Lafon
Collection: ---
Pages: 395
Parution: 14 avril 2016


Quatrième de couverture: 

Dans un monde où musique et magie ne font qu'un, Dylan est né privé des deux. Et ce n'est pas son seul secret: deux coeurs battent dans sa poitrine, mais l'un n'est pas le sien... 

Mon avis: 

Ce livre s'est retrouvé entre mes mains sans même que je ne sache de quoi il parle. C'est très rare que je fais ça, mais je l'ai aperçu à la bibliothèque et je l'ai pris seulement parce que je trouvais la couverture à tomber ! Et il faut le dire, l'illustrateur a fait un travail magnifique ici ! Je n'ai donc même pas lu la quatrième de couverture (qui, de toute façon, ne m'en aurait pas appris beaucoup plus) et je l'ai immédiatement emprunté. Je me suis dit: Ça ne peut pas faire de mal d'emprunter un livre sur un coup de tête, comme ça, sans le connaître ! L'avenir m'a appris à mes dépens que j'avais eu tort. 

Comme la quatrième ne dit pas grand chose, je vais essayer de vous aider un peu. Dans ce monde, chaque personne naît avec une mélo-âme, une âme musicale. Ainsi, dès sa naissance, on lui construit un instrument, qui va de pair avec sa personnalité, et qui l'accompagnera toute sa vie. De plus, chaque nouveau-né est plongé dans la rivière-mère, Melody, pour recevoir d'une part sa mélo-âme, mais aussi les premières notes de sa mélodie personnelle, avec laquelle il peut maîtriser la magie. Au fur et à mesure que l'enfant grandit, son instrument développera des organes internes (un coeur, des poumons, ainsi de suite) qui le relieront parfaitement à son propriétaire. Ainsi, si l'instrument subit des dommages physiques, son propriétaire les ressentira également, et cela va dans les deux sens. Or Dylan, le personnage principal, n'a pas de mélo-âme et sa guitare n'a pas d'organes comme les instruments des autres. 

Comme vous pouvez le voir, l'univers imaginé par l'auteure est extrêmement originale. Utiliser la musique pour canaliser et contrôler la magie, c'est du jamais vu. La relation entre les instruments et leur propriétaire me fait un peut penser au lien entre les personnages et leur daemon dans la trilogie À la croisée des mondes de Philip Pullman. En effet, il s'agit d'un lien intrinsèque, qui est créé dès la naissance et dont la survie de l'un dépend de celle de l'autre. C'est une relation qui en vient très complexe, et qui est beaucoup plus profonde qu'une simple amitié. Ils sont chacun une part importante de l'autre, une partie de leur âme. Pour cela, je lève mon chapeau devant l'imagination de l'auteure. 

Ensuite, j'ai beaucoup aimé les personnages. Je me suis immédiatement attachée à Kana, cette petite fille qui n'a l'air de rien, mais qui a du caractère. Je lui ressemble beaucoup de par sa façon d'être, ses réactions et sa façon de considérer la vie. Elle était sans conteste mon personnage préféré, même si je ne l'ai pas vu très longtemps. Ensuite, il y avait Ethan, le meilleur ami de Dylan. Ethan est vraiment le genre de personnage type "meilleur ami", avec un petit plus. En effet, il est la petite touche d'humour qui permet de rendre le livre respirable (j'y reviendrai plus tard), mais aussi le protecteur le plus dévoué de Dylan. Il a un énorme courage, ce que j'admire aussi énormément.

Finalement, nous avons Dylan. Dylan est le genre de personne qui se plaint un peu pour rien, qui est extrêmement lâche et qui le sait, mais n'essaie pas du tout de s'améliorer. Il est d'abord difficile à cerner, mais on finit par l'apprécier avec le temps. C'est sûr qu'il n'ira pas au-devant d'un danger pour sauver ses amis. Il sera plutôt le poltron qui se cachera à la moindre petite menace et qui se plaindra au moindre effort qu'il aura à faire. Ce n'est pas mon personnage préféré, mais son attachement à Ethan et Kana était très beau à voir, de telle sorte que j'ai bien aimé le suivre. 

L'ambiance, quant à elle, était assez spéciale. Tellement, en fait, qu'elle est ce sur quoi se base le livre. Au tout début, on nous présente le monde, puis le personnage et la petite vie tranquille qu'il mène avec son meilleur ami, sa copine et sa famille. Puis, tranquillement, on nous plonge dans une tension palpable. Tous les événements sont de plus en plus inquiétants, créant un suspense insoutenable. Mais pas le genre de petit suspense où on se dit: Oh, j'ai hâte de savoir la suite !!!! Non, pas du tout. En fait, on est plus proche d'une ambiance de type film d'horreur qu'autre chose. Et là, je vous rassure tout de suite, je suis incapable d'écouter un film d'horreur ou un film de suspense/horreur, et j'ai très bien pu lire ce livre, alors ne soyez pas inquiet là-dessus. C'est seulement la seule façon que j'ai trouvé pour vous faire comprendre l'ambiance qui me poursuivait tout au long de ma lecture. 

Et puis la fin... Bon, je dois dire que, dès le début, j'avais déjà deviné une grosse partie du punch final. Non tous les détails, mais le plus gros disons. Mais en fait, avec les faits qui nous étaient présentés tout au long du livre, je me suis dit que je me trompais sans doute, que tout ça devait dépasser la théorie que je m'étais imaginée... Eh bien non ! J'ai eu l'impression que l'auteure n'avait pas réussi à trouver une explication plausible pour tout et, alors qu'elle est arrivée à la fin, elle a trouvé une explication un peu absurde (surtout en ce qui a trait aux messagers) pour que le tout se termine comme il se doit. Or, ça n'a pas réussi avec moi. Je m'attendais à quelque chose de grandiose, et la fin m'a laissé pantoise. De même, les derniers événements avant la révélation finale était de plus en plus sans profondeur, sans justification... C'était un peu de la violence gratuite, pour frustrer le lecteur. Bref, je ne m'étendrai pas plus sur le sujet, mais la fin m'a beaucoup déçue. 

En bref, je n'ai pas vraiment apprécié ce livre. Les événements présentés ont été un peu fait à l'arrache, les messagers (personnages très important de l'histoire) n'ont pas du tout été travaillés et le final m'a laissé très déçue. Toutefois, j'ai beaucoup aimé l'originalité de l'univers, les personnages de Kana, Ethan et Dylan ainsi que l'ambiance, qui me faisait craindre à chaque instant qu'un nouveau drame n'arrive. 


25 novembre 2016

Vampire Academy tome 2: Morsure de glace par Richelle Mead

Auteur: Richelle Mead
Éditeur: Castelmore
Collection: ---
Pages: 316
Parution: 12 novembre 2010


Quatrième de couverture: 

Les vacances de Noël ont débuté à Saint-Vladimir, mais Rose n'a pas la tête à s'amuser. Une attaque strigoï a mis l'école sur alerte rouge et des gardiens viennent renforcer la sécurité. Cette année, le séjour au ski de l'Academy est obligatoire pour tous alors que la menace se rapproche. Pourtant, Rose et Lissa ne sont pas à l'abir du danger pour autant. Quand trois de leurs amis partent à l'assaut, Rose doit se lancer à leur secours. Mais l'héroïsme a un prix. 

Mon avis: 

Dans ce deuxième tome, on replonge directement dans l'action laissée dans le premier. Ainsi, on se retrouve avec une Lissa quelque peu ébranlée et une Rose de plus en plus réceptive aux flux émotifs de sa meilleure amie. Au travers de tout ça, une nouvelle intrigue se met en place dans la Vampire Academy, qui oblige le personnel enseignant à renforcer le système de défense de l'école et à prendre des mesures extrêmes pour les vacances de Noël. Ainsi, tous les élèves sont obligés de se rendre au chalet de ski pour le temps des fêtes, ce qui est loin de plaire à tous. 

Dans ce nouvel opus, on suit encore une fois Rose, le personnage principal du roman. La dhampir sera mêlée à une histoire qui la dépasse complètement, où toutes ses capacités seront mises à rude épreuve. Au travers de tout cela, on rencontre de nouveaux personnages haut en couleur, dont un en particulier qui m'a bien plu. Avec celui-ci, on peut apprécier à son plein potentiel la répartie de Rose dans les situations les plus saugrenues. Cela m'a fait encore plus apprécié le personnage de Rose, cette tête forte qui n'hésite pas à foncer au devant du danger pour sauver ses amis. Malheureusement pour elle (et heureusement pour nous), cet aspect de sa personnalité lui fera vivre des expériences qu'elle aurait peut-être préférées éviter... 

Sinon, pour ce qui est de l'intrigue, j'ai trouvé qu'elle avançait un peu moins que dans le premier tome. L'auteure met en place une toile de fond, puis une intrigue propre au récit qui rend celui-ci assez addictif malgré ce manque de progression dans la trame principale de l'histoire. Cela n'a donc pas nui au rythme du récit en tant que tel, mais j'avoue que ma curiosité a été mise à rude épreuve puisque les réponses que j'attendais depuis la fin du premier tome ne m'ont pas encore été présentées. J'ai toutefois bon espoir que le prochain tome réponde à mes exigences de ce point de vue-là puisque le titre du 3e livre est assez évocateur sur le sujet. 

Encore une fois, le style de l'auteure est très fluide, mais aussi très accessible à une pléthore de lecteurs différents. Le livre se dévore en très peu de temps, alternant les moments d'action et les phases dites un peu plus calmes. On nous tient en haleine tout du long, ce qui est exactement ce que l'on recherche pour un roman comme celui-ci. Bien sûr, le vocabulaire utilisé ne casse pas trois pattes à un canard, mais les riches personnalités des divers protagonistes de l'histoire rachètent largement ce petit manque qui n'en est pas vraiment un en littérature young adult. 

En conclusion, cette suite m'a donné envie de connaître le fin mot de l'histoire ! En plus d'orchestrer des personnages plus intéressants et badass les uns que les autres, l'auteure met en scène des événements qui font évoluer psychologiquement le personnage de Rose en particulier. Ce développement personnel sera sans doute très utile lors des prochaines péripéties, où Lissa deviendra infiniment plus importante que ce qu'elle a été ici. J'ai hâte de voir ce que l'auteure nous réserve !    

21/12


28 octobre 2016

Vampire Academy : Soeurs de sang (T1) par Richelle Mead

Auteur: Richelle Mead
Éditeur: Castelmore
Collection: ---
Pages: 320 pages
Parution: 8 octobre 2010


Quatrième de couverture: 

Saint-Vladimir est un lycée privé hors du commun: à l'abri des regards indiscrets, de jeunes vampires y apprennent la magie. 

Rose Hathaway est une dhampir et elle doit assurer la protection de sa meilleure amie Lissa, princesse moroï. Menacées au sein même de l'académie, Lissa et Rose ont fugué ensemble, mais ont été ramenées de force derrière les hautes portes de Saint-Vladimir. Entre intrigues machiavéliques, rituels nocturnes inavouables et amours interdits, elles doivent rester sur leurs gardes: les Strigoï, vampires immortels et ennemis jurés de Moroï, pourraient bien faire de Lissa l'une d'entre eux pour l'éternité. 

Classement: Or 

Mon avis: 

Je me suis décidée à commencer cette série fantastique après avoir vu le film portant le même nom. En effet, j'hésitais beaucoup à me replonger dans un univers portant sur les vampires (je ne sais pas si vous vous souvenez, mais la folie Twilight est encore bien présente dans ma mémoire). Or, lorsque j'ai vu que 1) Il n'y avait pas de loup-garou, 2) Ça se passait dans une école, 3) Que les vampires pouvaient maîtriser la magie et 4) Que Dimitri et Rose étaient badass, je me suis décidé à me lancer. 

Alors on se retrouve ici dans un monde peuplé de différentes sortes de vampires. D'abord, une explication sur le vocabulaire: Les Moroï sont les gentils vampires qui maîtrisent des pouvoirs magiques reliés à l'un des quatre éléments, les Strigoï sont les méchants vampires, qui ne maîtrisent pas de pouvoirs magiques mais qui deviennent améliorés physiquement et immortels, et finalement les Dhampirs sont produits par la liaison d'un Dhampir et d'un Moroï, et sont des humains améliorés au niveau physique. Le rôle des Dhampirs, dans ce monde, est de protéger les Moroï des Strigoï. Pour ce faire, ils vont dans une école avec les Moroï, Vampire Academy, afin d'apprendre à tuer les Strigoï et développer leur habiletés physiques, tandis que les Moroï apprennent à contrôler leurs pouvoirs (grosso modo). 

Nous avons donc ici Rose, qui est une dhampir et la meilleure amie de Lissa, une Moroï de sang royal. Elle s'est donc attitrée personnellement la protection de sa meilleure amie contre ses ennemis à l'école ainsi que les Strigoï qui pourraient venir rôder dans le coin. Comme vous pouvez le voir, l'univers, à la base, est assez intéressant par sa relative complexité. On nous plonge dans un monde peuplé de vampires, bien sûr, mais qui diverge quelque peu de ce que l'on peut voir dans le même genre. De plus, l'histoire se passe dans une école, comme si on était dans une école secondaire pour adolescents avec pouvoirs magiques ou aptitudes physiques exceptionnelles. Et comme j'adore les récits qui parlent d'apprentissage de la magie dans une école (on ne voit pas du tout la Potterhead), je ne pouvais qu'accrocher à celui-ci. 

Parlons maintenant des personnages. Rose est sans conteste mon personnage préférée. Elle a un niveau de badassitude rarement égalé dans d'autres livres. On se retrouve dans sa tête tout au long de l'histoire (et de la série je présume), ce qui est vraiment un gros plus. Elle a le sens de la répartie et ne se laisse pas intimider, même si elle est dans un milieu masculin où la testostérone est bien présente ! Mais à quoi pouvait-on s'attendre d'autres en réunissant des ados dont le but ultime de leur présence ensemble est d'apprendre à se défendre contre des meurtriers sanguinaires ? Regardez seulement les gens qui étudie pour devenir policier, et dites-moi ensuite que l'esprit de compétition n'existe pas !

Ensuite, le deuxième personnage principal est Lissa, la Moroï de sang royal. Alors, Lissa est une fille plutôt calme en soi, qui attire les foules. C'est une personne infiniment gentille qui n'hésitera pas à vouloir aider les autres avant de s'aider elle-même. Je la comparerais à un lac paisible, qui inspire la relaxation mais qui, dès qu'elle est confrontée à une situation horrible, sera profondément atteinte à l'intérieur d'elle-même. On peut la qualifier de très émotive. Elle a noué une très belle amitié avec Rose qui, au contraire, s'est forgée une carapace qui rien ne semble pouvoir réussir à percer. Elle fait aveuglément confiance à son amie, ce qui parfois lui attire des ennuis.

Finalement, je ne pouvais pas parler de ce livre sans évoquer l'existence de Dimitri. Il s'agit d'un dhampir adulte qui vient du nord de l'Europe (je ne me souviens plus exactement du pays, peut-être la Roumanie) et qui a été attribué à Lissa comme gardien officiel. Et donc, pendant qu'elle est à l'école, il supervise quelques cours pour les dhampirs. Je dois avouer que c'est le personnage type qui me fait craquer, et je n'ai pas pu résister cette fois encore. Je crois que l'expression parfaite pour le caractériser serait "façade d'indifférence". Que ce soit dans le livre ou dans le film, je n'ai pas pu résister à son charme !

Pour terminer, l'ambiance tout au long du roman était très intéressante. On commence sur une scène particulièrement stressante et sur un mystère un peu étrange. Cette sensation de mystère et de peur reste présente tout au long du roman, et ce même jusqu'à la scène finale. Je ne m'attendais pas du tout à cette fin lorsque j'ai visionné le film, ce qui est une très bonne chose en soi.

Bref, j'ai vraiment bien apprécié ce roman ! Il ne tombe toutefois pas dans mes coups de coeur, puis que je trouve qu'il manquait un petit quelque chose pour y arriver. Je souhaite de tout coeur que les prochains seront aller chercher l'élément manquant afin de me faire apprécier encore plus cette série. La finale m'a laissé sur ma faim et j'ai bien hâte de mieux comprendre le mystère de Rose et Lissa !

N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé du livre ! Est-ce que vous trouvez les nouvelles couvertures plus belles que les anciennes ?


12/12


13 décembre 2015

La Mémoire du lac par Joël Champetier


Auteur: Joël Champetier
Éditeur: Alire
Collection: ----- 
Pages: 274
Parution: 22 mars 2001
Il s'agit d'un livre québécois.

Quatrième de couverture:

Ville-Marie, petite ville sur les bords du lac Témiscamingue. Parmi la population, Daniel Verrier, que tous connaissent parce qu'il vient de perdre ses deux enfants en bas âge, morts par noyade.
Miné par le remords - il est en partie responsable de la mort de ses enfants-, délaissé par sa femme et aux prises avec de graves problèmes psychologiques, dont le moindre n'est pas une amnésie partielle, Verrier sombre lentement dans la folie.
Mais est-ce bien la folie ou s'agit-il... d'autre choses? Pourquoi le demeuré de la ville, Éric « la Poche » Massicotte, le poursuit-il sans relâche de son message sibyllin : Daniel, le lac attend? Et quel rapport y a-t-il entre ses malheurs et le charnier découvert dans les caves du manoir Bowman, où d'étranges rites amérindiens semblent avoir été utilisés?
Les réponses sont peut-être enfouies dans la mémoire déficiente de Verrier... ou au plus profond du lac Témiscamingue!

Classement: Argent

Mon avis: 

Ce livre est entré dans ma PAL bien involontairement il y a, à mes yeux, une éternité. En fait, j'ai participé, en Secondaire 4 (soit quand j'avais 15-16 ans, je dirais donc en 2011) à un concours d'écriture dans ma région et on m'a envoyé ce livre comme prix de participation. En lisant la quatrième de couverture, je n'avais alors pas été très emballée par l'histoire. En effet, ce roman ne semblait pas faire appartenir à mon genre préféré (soit la fantasy) et je ne voyais donc pas la pertinence de le lire en priorité à d'autres œuvres qui m'attendaient patiemment à la bibliothèque de l'école. Il a donc poireauté 5 ans chez moi sans que j'éprouve la moindre envie de m'y attaquer, tout en n'oubliant pas, toutefois, de le trimbaler avec moi dans mon nouveau logement. Ce n'est que durant le mois d'octobre 2015 que j'ai redécouvert son existence, au moment où je n'avais plus rien d'autre à lire (je venais tout juste de commander les 2 derniers tomes du Labyrinthe). Je me suis dit que cela constituerait un bel interlude dans mes lectures, étant alors motivée à lire tout ce qui me passait sous la main. Je l'ai donc commencé avec un peu d'appréhension... Je suis toutefois incapable de dire si cela a été une erreur. J'ai bien sûr aimé cette petite lecture très différente de mes habitudes, mais j'hésite à dire qu'il s'agissait d'un très bon roman au vu de certains points qui m'ont accrochée.

Tout d'abord, à la simple lecture de la quatrième de couverture, on en connait beaucoup trop sur l'ensemble du roman. En effet, on parle déjà d’événements qui se déroulent dans la deuxième partie de l'ouvrage et on donne des pistes de réflexion pour résoudre l'entièreté de l'intrigue. Personnellement, comme je n'y avais pas vraiment prêté attention avant de commencer à lire le livre, je n'ai donc pas pu ressentir les contrecoups de telles révélations au début de ma lecture, mais en relisant la quatrième au milieu du roman, je me suis fait dévoilé plusieurs péripéties que j'aurais préféré découvrir par moi-même. Je trouve donc que la maison d'édition n'a pas fait un bon choix en acceptant de mettre autant d'informations à l'arrière du livre, et j'ai cru remarquer qu'il s'agissait d'un problème récurrent chez celle-ci. À l'avenir, je suis prévenue: il ne faut pas lire les quatrièmes de couverture de l'éditeur québécois Alire.

Passons donc sur ce léger détail et concentrons-nous sur le cœur même du livre. J'ai tout d'abord voulu attribuer un genre à ce roman, afin d'être capable de le décrire, mais je me suis rendue compte que c'était impossible. En fait, j'ai réalisé qu'il changeait en fonction de la section de l'histoire dans laquelle je me trouvais: La partie intitulée "Sous la glace" relève plutôt du drame psychologique à la Shutter Island, alors que la section "Le manoir Bowman" serait plutôt policier/suspense et la dernière partie, soit "Les profondeurs du lac", relève presque de l'horreur. J'ai bien aimé comment l'auteur à amener la transition vers les différents genres. Il démontre ici une maîtrise parfaite de l'ambiance de son histoire puisqu'il réussit vraiment à faire ressentir les changements de ton au courant du récit.

Je dois aussi donner un autre crédit à l'auteur: il réussit à faire des descriptions extraordinaires de tout ce qui compose le récit. Cela signifie donc qu'en plus de bien visualiser les lieux et les personnages dans notre tête, on est aussi en mesure de ressentir l'ambiance dans laquelle ils sont plongés. L'ensemble de l'oeuvre est donc extrêmement bien dépeinte, ce qui apporte beaucoup à l'histoire. Je ne sais pas si vous serez d'accord avec moi mais, à mon avis, le fait que l'auteur soit capable de nous faire plonger tête la première dans son univers contribue grandement à l'appréciation de son oeuvre et à la capture de l'intérêt des lecteurs. Il ne reste alors qu'à créer une intrigue accrocheuse et addictive...

En gros, on se retrouve projeté dans la vie Daniel, qui a causé involontairement la mort de ses enfants, et dont sa femme l'a quitté très récemment afin de fuir les souvenirs de cette tragédie. La première partie de l'histoire se consacre donc à décrire le passé de Daniel, ainsi que les impacts que cela a dans sa vie actuelle. Dans cette partie de l'histoire, on se sentait vraiment dans un Shutter Island: on se demande sans cesse si ce qu'il voit est réel ou non, si le tout est le produit de son imagination. Pour couronner le tout, l'auteur a fait son récit à la première personne, de telle sorte que l'on est tout simplement dans la tête du personnage principal et que l'on a seulement connaissance de sa réalité à lui. Ensuite, on passe tranquillement à la deuxième partie du récit, où il refait sa vie et recommence à travailler et à avoir une vie sociale. Il y a alors une intrigue policière qui se place, après une certaine découverte par Daniel. C'est ici qu'entre en jeu les amérindiens et leur folklore, qui est brillamment amené par l'auteur. L'aspect "fantastique" du roman se met aussi en branle. Finalement, on aborde la dernière partie de l'intrigue. À ce moment, de nombreuses tragédies ont lieu, dont quelques meurtres qui toucheront de près ou de loin Daniel. On nous révèle aussi l'élément clé de l'histoire, mais l'auteur a mis tellement de temps avant de nous en parler plus concrètement qu'on a déjà deviné depuis longtemps de quoi il s'agit. L'intrigue m'a donc particulièrement plu, surtout son découpage en différentes parties (associées à différents genres littéraires) même si le dénouement final était beaucoup trop simple à deviner.

Ainsi, suite à la description exhaustive (sans trop l'être, je l'espère) de l'intrigue que je viens de vous faire, vous avez sans doute deviner que l'auteur s'est concentré en exclusivité sur le développement psychologique du personnage principal, soit Daniel. Comme il s'agissait d'un narrateur à la première personne, il était très facile de s'attacher au personnage dans la tête de qui l'on vit. L'auteur a aussi une certaine aisance à nous faire comprendre facilement les états d'âme et les réactions de son personnage à la perfection. En effet, il décrit largement le pourquoi du comment de ses pensées, de façon à ce qu'une personne n'ayant pas subi un accident puisse comprendre les bizarreries qu'il fait parfois. En y réfléchissant, on se rend compte que si l'histoire avait été raconté par l'un des amis de Daniel, nous n'aurions sans doute pas compris intuitivement ses agissements. Le seule point négatif que j'ai trouvé dans la personnalité de Daniel, c'est sa facilité déconcertante à accepter des éléments invraisemblables. Je me dis qu'il a eu un traumatisme crânien ou je ne sais quel autre problème suite à son accident et que cela pourrait être une conséquence logique de celle-ci, mais je n'arrive pas à comprendre sa crédulité. Il doute quelques secondes de la véracité des propos d'un personnage, puis il se fit entièrement à celui-ci comme si c'était dieu incarné. Pour moi, il s'agit d'un passe-droit qui sert seulement à faire progresser l'histoire plus rapidement et je considère que, si c'est le cas, cela a très mal été fait...
En ce qui a trait aux autres personnages, j'ai trouvé qu'ils leur manquaient un fond, comme si l'auteur s'était tellement attardé à peaufiner sa perle qu'il en aurait oublié les atours qui l'accompagne. Je n'ai donc pas réussi à m'attacher à l'un d'eux particulièrement.

Je vais maintenant abordé un aspect qui me déplaît particulièrement chez les oeuvres québécoises et qui explique sans doute pourquoi les autres lecteurs de la langue française de la planète sont moins attirés à lire ce qui provient du Québec. Tout d'abord, les personnages parlent en joual (ce qui signifie en fait que l'on écrit exactement les mots comme on les prononce, soit en les tronquant ou en en oubliant quelques-uns). Je n'ai aucun problème avec le fait que des auteurs puissent vouloir démontrer leur amour pour leur particularité dans l'utilisation de la langue dans leur pays. Toutefois, ils ne doivent pas s'attendre à ce que leurs œuvres puissent être publiées ailleurs que dans le pays où les habitants comprennent cette langue. Personnellement, cela ne me dérange pas de lire des dialogues écrits en québécois parce que je comprends bien les particularités du langage. Je ne comprends toutefois pas qu'est-ce qui peut amener un auteur à vouloir préférer cette façon de dialoguer plutôt que celle reconnue internationalement, soit qui utilise les mots inscrits dans un dictionnaire. Je ne ferai toutefois pas le procès de leurs choix ici, mais je trouve particulièrement déplaisant de constater que la plupart des œuvres québécoises sont écrites en joual et ne peuvent donc pas sortir du Canada (et même du Québec!). Deux autres clichés de romans québécois peuvent aussi être retrouvés dans ce roman: la présence d'Amérindiens dans l'histoire et le fait que celle-ci se déroule dans un petit village en région, où tout le monde connaît tout le monde. Je ne souligne pas que ce sont des aspects négatifs de ce roman, mais plutôt qu'ils reviennent beaucoup trop souvent dans notre littérature et qu'il s'agit donc d'un manque d'originalité (cela ne s'écarte pas vraiment de ce qui se fait habituellement dans le même genre).

Somme toute, c'était un bon roman malgré les petites anicroches énumérées précédemment. Il est rare de pouvoir lire un bon roman fantastique québécois et je félicite donc l'auteur de s'être lancé.