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21 octobre 2018

Charisma par Jeanne Ryan

Auteur: Jeanne Ryan
Éditeur: Robert Laffont
Collection: R
Pages: 389
Parution: 7 juin 2018


Quatrième de couverture: 

Prêt(e) à tout pour devenir populaire ?
Aislyn est d’une timidité maladive : impossible pour elle de prendre la parole en public, et c’est encore pire quand il s’agit de discuter avec un garçon…
Alors quand on lui propose du Charisma, drogue de thérapie génique supposée la guérir, elle n’hésite pas bien longtemps. Du jour au lendemain, la voilà devenue charmante et populaire.

Mais Aislyn n’est pas la seule à avoir subi l’injection, et il s’avère que ce traitement miracle a de terribles effets secondaires…

Mon avis: 

J'ai reçu ce livre dans le cadre du Club des lecteurs R Canada, donc je remercie Robert Laffont Collection R pour cet envoi ! 

Dans cette histoire, nous retrouvons Aislyn, jeune adolescente, qui souffre d'une timidité maladive qui l'empêche de fonctionner "normalement" au niveau social. Ainsi, lorsqu'une chercheuse scientifique, responsable de son projet étudiant, lui propose d'essayer clandestinement une thérapie génique pour modifier ses gènes et devenir plus charismatique, elle accepte sans se faire prier. Bien que la thérapie offre les résultats souhaités après un certain temps, il en découle évidemment des effets secondaires, plus graves que tout ce que vous pouvez imaginer. 

D'abord, je trouve le sujet de la thérapie génique extrêmement bien choisi et original dans la littérature actuelle ! Ayant étudié dans ce domaine à l'université, j'ai immédiatement été embarqué dans cet univers. Tout ce qui était présenté était extrêmement plausible: on voit que l'auteure a fait beaucoup de recherches pour réussir à vulgariser les concepts scientifiques liés à la génétique. Or, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais à peine 5 à 10 ans nous sépare de la situation présentée dans ce livre (et ce, incluant les essais cliniques). Étant assez au courant de ce qui se passe actuellement en laboratoire au Canada, je peux vous affirmer que les premiers développements et tests dont parlait le docteur Sternfield (ladite scientifique) dans le livre se font actuellement, notamment pour corriger la maladie de Huntington (maladie exclusivement génétique ayant des effets neurodégénératifs désastreux). Il faut tout de même noter que changer le caractère d'une personne est beaucoup plus complexe que ce qui est laissé croire dans le livre, et qu'il faudra qu'un scientifique clandestin mette beaucoup d'efforts pour parvenir à un traitement ressemblant au Charisma !

Ceci dit, vous pourrez comprendre ma joie de découvrir une telle thématique dans un livre Young Adult, un peu biaisé, disons-le, par mes domaines d'étude. J'étais donc très emballée de découvrir la tournure que pouvait prendre l'histoire, mais j'ai finalement été plutôt déçue. À mon avis, les effets secondaires du traitement ont été un peu trop exagérés. Il est vrai que l'on ne connaît pas les effets d'une modification génétique sur le corps humain, mais je ne crois pas que cela mènerait à de tel résultat. Puis, outre l'aspect scientifique, l'intrigue est elle aussi tombée un peu à plat. Il ne s'est pratiquement rien passé pendant plus de la moitié du roman, et j'ai trouvé cela dommage. De plus, la fin était facilement prévisible au vu des indices semés par l'auteure au fil du roman, ce qui m'a d'autant plus déçue.

La partie que j'ai préférée concerne l'évolution psychologique immédiate du personnage d'Aislyn due à la thérapie génique. Tout d'abord, notons un aspect qui m'a un peu déboussolée sur le coup: l'auteure affirme qu'Aislyn souffre de timidité maladive, ce qui est un mauvais diagnostic à mon avis. En effet, ses symptômes s'apparentent beaucoup plus à de l'anxiété sociale, qui est une maladie (et non un aspect de la personnalité inchangeable) qui peut être contrôlée via certains traitements existants. Je ne crois donc pas qu'Aislyn était réellement poussée dans ses derniers retranchements, au point de pouvoir accepter une telle thérapie génique en dernier recours, puisqu'elle n'avait même pas essayer de traitement régulier.

Si on ignore cet aspect, la représentation des effets du Charisma sur Aislyn était vraiment intéressante. On la voit changer du tout au tout du jour au lendemain, passant d'un personnage qui veut perpétuellement se cacher dans les murs à une jeune femme qui a envie d'en découvrir plus sur les autres et, surtout, d'exprimer son opinion. J'avoue que cela m'a donné envie de l'essayer sur moi-même, si les effets secondaires n'existaient pas !

Au final, il s'agissait d'un roman avec un bon potentiel initial considérant la thématique très originale qui y était abordée, mais qui n'a pas été bien développé à mon sens. Les effets secondaires étaient un peu trop exagérés, et l'intrigue, trop prévisible. Si vous êtes un tant soit peu intéressé par la thérapie génique modifiant des aspects de la personnalité humaine, je vous conseille tout de même de découvrir ce livre pour en apprendre plus !

Et vous, avez-vous lu ce livre ? Qu'en avez-vous pensé ?

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17 octobre 2018

La tête sous l'eau par Olivier Adam

Auteur: Olivier Adam
Éditeur: Robert Laffont
Collection: R
Pages: 217
Parution: 23 août 2018


Quatrième de couverture: 

Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte. Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. » Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour parmi nous mais on n’en avait pas terminé. 

Mon avis: 

J'ai reçu ce roman dans le cadre du Club des Lecteurs R Canada organisé par Robert Laffont, donc merci à eux pour cet envoi ! 

Ce livre est raconté par une famille qui a été complètement détruite par la disparition de leur fille, plus particulièrement par le fils de la famille. Or, Léa réapparaît du jour au lendemain... Que s'est-il passé ? Comment s'est-elle retrouvée dans cette situation ? Et, surtout, qu'est-ce que leur avenir leur réserve ? 

Le point fort de ce roman est la plume de l'auteur. Celui-ci écrit de façon très poétique, choisissant chacun de ses mots avec soin pour imager le mieux possible l'intangible. Malgré son vocabulaire riche, ce roman se lit avec fluidité. En effet, l'auteur a bien fait attention d'utiliser plusieurs figures de style et techniques de rédaction pour accélérer le rythme de son roman aux moments opportuns, et pour dramatiser les situations qui le demandaient. Bref, Olivier Adam a une parfaite maîtrise de son texte et de ses idées, qu'il sait exprimer avec brio. 

Toutefois, l'histoire ne m'a pas tellement impressionnée. D'abord, je m'attendais à lire un thriller, plutôt qu'un simple roman contemporain Young Adult. Or, ce n'était pas du tout le cas, sauf peut-être pour certaines scènes et pour la fin. Habituellement, une fin comme celle-ci découle d'une ambiance plus lourde et chargée dans un thriller, qui nous fait redouter le pire ! Ici, la fin est plutôt arrivée comme un cheveu sur la soupe, du moins au niveau de l'ambiance. 

Ensuite, j'ai trouvé le déroulement de l'histoire un peu trop linéaire. Je m'attendais à être surprise par une fin inattendue, ou par des péripéties dont je ne me serais pas du tout doutée, mais cela n'est pas arrivé. Au contraire, le récit était banal et sans la petite étincelle nécessaire pour en faire un livre de fiction plutôt que le récit d'une histoire vraie. Cela s'explique simplement par le fait que mes objectifs en tant que lectrice et les objectifs d'Olivier Adam en tant qu'auteur n'étaient pas du tout les mêmes. En effet, alors que je souhaitais découvrir une fiction qui sort complètement des chemins battus et nous tient en haleine, je suis plutôt tombée dans un récit dépeignant les impacts psychologiques d'un enlèvement sur une famille, puis du retour de l'enfant victime d'enlèvement. Je n'ai aucune difficulté à croire que ce type de récit puisse plaire à bon nombre de lecteurs, mais cela n'a malheureusement pas été mon cas. Je n'ai pas senti m'être assez attachée aux personnages pour que leur développement psychologique m'intéresse à ce point. 

Je vais faire un petit parallèle ici avec le roman Perdue et retrouvée de Cat Clarke, que j'ai lu il y a quelques années. Ce roman non plus ne m'avait pas convaincue, mais pas pour les mêmes raisons. Dans celui-là, j'avais eu l'effet de surprise recherché qui me manque ici, mais la fin ne m'avait tout de même pas tellement convaincue en raison du personnage même de Laurel (la disparue retrouvée). Ici, au contraire, le personnage de Léa était très crédible et très bien fait. On apprend à la connaître à travers les lettres qu'elle envoie à l'une de ses connaissances, et on découvre alors un personnage fort, et ce malgré les épreuves par lesquelles elle est passée. À ce niveau, il est vrai que ce roman était meilleur, mais il lui manquait vraiment un élément qui sort du schéma habituel de la réalité. 

Pour ce qui est du narrateur, je dois dire que j'ai eu de la difficulté à le suivre. Le fait qu'il se referme autant sur lui-même et tente par tous les moyens d'échapper à la réalité m'a convaincue, mais un peu moins son absence de réaction face à l'ignorance du monde entier de sa personne. On sent que cet événement tragique l'a détruit de l'intérieur, bien qu'il était difficile de constater l'étendue des dégâts, n'ayant pas vraiment eu d'aperçu de sa vie d'avant. Il était tout au plus un personnage secondaire du récit, et pratiquement aucun élément important ne tournait autour de lui. Pour preuve, j'ai cru pendant les 50 premières pages qu'il s'agissait d'une fille, et je n'ai même pas réussi à trouver son prénom, ce qui est assez déroutant ! 

Au final, j'ai donc bien apprécié et le personnage de Léa et la plume de l'auteur, mais j'ai trouvé que l'histoire manquait cruellement de retournements de situation.. Une telle histoire colle trop avec la réalité, et la fin ne m'a aucunement surprise puisqu'elle allait de soi. Si vous lisez ce livre, ayez bien en tête qu'il ne s'agit pas d'un thriller, mais bien d'un roman contemporain qui vise particulièrement à démontrer les impacts psychologiques d'une situation sur les personnages. Ainsi, vous ne pourrez que mieux apprécier l'histoire !

Et vous, avez-vous lu ce livre ? Qu'en avez-vous pensé ?

Des chroniques qui font envie:

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Liseuse Hyperfertile: chronique
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27 août 2018

Et ils meurent tous les deux à la fin par Adam Silvera

Auteur: Adam Silvera
Éditeur: Robert Laffont
Collection: R
Pages: 406
Parution: 24 mai 2018


Quatrième de couverture: 

Le 5 septembre, un peu après minuit, Death-Cast appelle Mateo Torrez et Rufus Emeterio pour leur annoncer une mauvaise nouvelle: ils vont mourir aujourd’hui.
Mateo et Rufus sont de parfaits inconnus, mais, pour différentes raisons, ils cherchent tous deux à se faire un nouvel ami lors de leur journée de fin. Les bonnes nouvelles: Il y a une application pour ça. C’est ce qu’on appelle le dernier ami, et grâce à cela, Rufus et Mateo sont sur le point de se retrouver pour une dernière grande aventure: vivre une vie en une seule journée.

Avis: 

J'avais beaucoup entendu parler de ce livre sur la blogo anglaise, et le titre révélateur m'avait tout de suite accrochée. J'ai donc été très heureuse d'apprendre qu'il ferait partie des envois de Robert Laffont pour le Club de Lecture R Canada ! Aussitôt réceptionné, aussitôt lu ! 

Ce livre raconte l'histoire un peu atypique de deux jeunes garçons, Mateo et Rufus, qui reçoivent le même jour l'appel de Death-Cast qui leur annonce leur mort prochaine dans la journée. En effet, dans ce monde, une nouvelle technologie permet de connaître la date exacte de la mort de tous, sans exception. Et Death-Cast ne s'est encore jamais trompé ! Après avoir reçu la nouvelle, les deux adolescents décident d'utiliser l'application "Dernier Ami", qui permet de rencontrer quelqu'un avec qui passer sa dernière journée sur Terre. Ils se rencontrent alors, et là commencent leur jour final.

Dès le début du roman, l'auteur annonce tout de suite les raisons de la rédaction de son histoire. Par l'entremise d'une introduction d'une page, il explique que lui-même s'est toujours empêché de faire tout ce qui lui tentait et d'être qui il voulait majoritairement par peur du jugement des autres. Or, il a récemment réalisé que la vie est trop courte pour se mettre soi-même des bâtons dans les roues et s'empêcher de s'épanouir comme nous l'avons toujours désiré. Il énonce alors tous les changements qu'il a opéré dans sa vie pour, aujourd'hui, se sentir plus heureux. Ainsi, via ce livre, nous comprenons qu'il souhaite opérer une prise de conscience chez ses lecteurs, afin qu'eux aussi puissent profiter pleinement des années qu'il leur reste. Parce que oui, nous avons toute la vie devant nous, mais celle-ci est courte, et elle peut s'arrêter à n'importe quel moment dans notre cas. Il ne m'en fallait pas plus pour fondre en larmes... 

Alors, déjà, j'étais gagnée par la thématique. Il faut dire que ce livre est arrivé au meilleur moment qui soit dans ma vie: je suis justement en train d'amorcer moi-même une certaine réflexion sur mon développement personnel, particulièrement au niveau social et en matière de positivisme, et ce livre n'a fait que me conforter dans ma démarche. Soyez donc averti que mon appréciation de celui-ci a sans doute été fortement teinté par ce contexte favorable. 

Alors, par où commencer ? D'abord, l'intrigue. Le monde dans lequel évolue nos personnages est simili dystopique, dans le sens où il ne s'agissait pas de la présentation de grands changements qui révolutionnent les créneaux de la société, mais bien d'un simple petit ajout à notre monde d'aujourd'hui dans un futur très rapproché. Cet ajout, toutefois, amène une dynamique très différente dans la société. Je m'explique. En fait, en sachant que les personnes qui vont mourir dans la journée se font appeler entre minuit et 3h am chaque jour, ceux-ci planifient leur dernière journée en connaissance de cause, soit en profitant le plus possible de celle-ci. La peur de mourir hante donc encore plus les villes, sachant qu'il ne suffit que d'un appel pour que tout se termine. On sent vraiment un poids écrasant et perpétuel sur tout le monde. 

En l'espèce, nous vivons donc la dernière journée de Mateo et Rufus, puisqu'ils ont tous les deux reçu un appel de Death-Cast. Or, plutôt que de miser sur la quantité, l'auteur s'est attardé à la qualité. Cela fait donc en sorte que l'ensemble du roman permet de réfléchir, plutôt que d'entrer dans une véritable course contre la montre. Il prend le temps de peaufiner les relations de ses personnages et de leur donner une saveur propre. Ils ont des discussions fort intéressantes sur la thématique générale de la mort, la vie, les rêves, les ambitions, les amitiés, les croyances, bref tout ce qui peut se rattacher de près ou de loin à la fin imminente de leur destin. Le tout permet de réfléchir avec les personnages, de se poser les bonnes questions, mais aussi d'apprendre à les connaître et à les apprécier. 

Justement, parlant d'appréciation de personnages, je dois dire que j'ai particulièrement aimé ceux-ci ! Ils étaient bien développés, avec une certaine profondeur, et étaient très réalistes. Je lève mon chapeau à l'auteur pour être parvenu à si bien développer ses personnages en si peu de pages ! Je n'ai pas de préféré entre les deux. Mateo est, à mon avis, un peu la projection de l'auteur lui-même dans son livre. Ainsi, il a toujours craint la mort, et éviter de faire trop de remous a été son moyen de se protéger. Or, il veut changer cela pour son dernier jour. Rufus, quant à lui, ne se laisse pas facilement marcher sur les pieds. Mais sous cette personnalité forte se cache une personne profondément triste et qui a besoin des autres pour oublier son passé. Je me suis fortement attaché aux deux, et leur duo est tout simplement parfait ! 

Finalement, ce qui m'a le plus plu dans cette histoire, c'est l’interrelation entre tous les éléments. Je vous laisse découvrir ce que j'entends par là, mais disons seulement que j'ai été surprise par la fin, mais surtout par le niveau de planification de l'auteur ! Dès le début, tout est là pour nous indiquer ce qui se passera au final mais, comme dans un bon livre policier, on ne voit rien venir jusqu'à ce que l'auteur le veuille ! Les 100 dernières pages m'ont fait passer par toute une gamme d'émotions ! 

Bref, je vous conseille vivement ce livre si vous ne l'avez pas encore lu ! Et ne soyez pas effrayé par la thématique plus lourde et omniprésente de la mort: je suis ressortie de cette lecture avec un sentiment d'espoir et la volonté de profiter de chaque moment ! 

Et vous, avez-vous lu ce livre ? Qu'en avez-vous pensé ? Dites-moi tout en commentaire ! 

Merci à Robert Laffont et Collection R Canada pour l'envoi de ce roman !

Des chroniques qui font envie :

Les pages qui tournent: chronique
Alice Neverland : chronique
Les Lectures de Marinette: chronique

Et merci à Marinette pour m'avoir fait découvrir l'instagram de Rufus: @rufusonpluto
Pour ma part, les sentiments sont revenus d'un coup !!

8 avril 2018

Eliza et ses monstres par Francesca Zappia

Auteur: Francesca Zappia
Éditeur: Robert Laffont
Collection: R
Pages: 398
Parution: 18 janvier 2018


Quatrième de couverture: 

Dans la vie de tous les jours, Eliza Mirk est une fille timide, intelligente, un peu étrange et... qui n'a pas d'amis.
Dans sa vie en ligne, Eliza est LadyConstellation, créatrice anonyme de La Mer infernale, un webcomic extrêmement populaire.

Avec des millions de followers et de fans à travers le monde, son alter ego est une véritable star.
Mais Eliza ne peut s'imaginer aimer le monde réel plus qu'elle n'aime sa communauté numérique.

Puis, un jour, Wallace Warland arrive dans son lycée et Eliza va vite se demander si la vie ne mérite pas d'être vécue hors ligne...

Mon avis: 

Lorsque j'ai vu que ce livre allait bientôt être publié chez Robert Laffont, je sautais de joie ! En effet, je suis plusieurs chaînes de booktubeuses des États-Unis ou de l'Angleterre, et elles n'ont eu de cesse de vanter ce livre, tellement que j'avais presque envie de me le procurer en anglais ! Robert Laffont a donc réussi à me combler grâce à l'annonce de cette nouvelle publication, que j'ai de surcroît reçue dans le cadre du Club des Lecteurs R, alors je suis doublement ravie !

Eliza et ses monstres raconte l'histoire d'Eliza, une adolescente de 16 ou 17 ans qui en est à sa dernière année au lycée. Elle est l'auteure de la BD la plus lue sur le net : La Mer Infernale, qu'elle publie sous son nom de plume, LadyConstellation. Personne ne connaît sa véritable identité, et pour une bonne raison: Eliza souffre d'anxiété, et la pire expérience qu'elle pourrait vivre serait d'avoir à traiter avec ses milliers de fans. À l'école, elle aime passer inaperçue, en longeant les murs et en ne parlant à pratiquement personne. Mais tout cela est sur le point de changer grâce à l'arrivée d'un nouvel élève: Wallace.

Soyez prévenus, ce livre est un véritable page-turner ! Je l'ai dévoré en 2 séances de lecture, et en moins de 24h ! Cela m'arrive très rarement d'être autant aspiré par une histoire, à vouloir absolument savoir ce qui va arriver aux personnages, au point d'en négliger mon sommeil ! Et quand un livre me faire cet effet, c'est déjà bon signe!

Le premier point fort de ce roman, c'est la force avec laquelle on s'associe aux personnages. Je ne me suis pas vraiment identifiée au personnage d'Eliza en tant que telle, mais plusieurs facettes de sa personnalité réussissait tout de même à venir me rejoindre. La façon que l'histoire était racontée rendait le tout très immersif ! J'ai crié, pleuré, espéré, ri, ragé et souri avec elle. Je me suis vraiment sentie impliquée dans l'histoire, et c'est là le plus gros point fort de celle-ci. Sans cela, la trame factuelle n'aurait pas été aussi accrocheuse: quand on y pense, il n'y a pas beaucoup de retournements de situation dans ce livre... Or, le côté émotif créé par l'auteure réussissait à rendre le tout captivant !

J'ai aussi beaucoup apprécié le personnage de Wallace, de même que celui des autres anges ! Je trouve toutefois un peu dommage que les histoires et personnalités de chacun des anges n'aient pas été plus approfondies. Quant à Wallace... Il s'agissait d'un personnage plaisant, même si je n'ai pas réussi à comprendre autant ses motivations (par exemple pour son art) que celles d'Eliza. Tout de même, leur amitié est très intéressante à découvrir, de même que leurs différentes interactions en ligne, qui n'ont rien à voir l'une et l'autre, surtout au début. L'évolution psychologique du personnage d'Eliza a été grandement influencée par la création de son lien avec Wallace, et cela apporte une dimension supplémentaire à l'intrigue.

Mention spéciale aux deux petits frères d'Eliza, qui ont quand même réussi à me faire pleurer tellement ils étaient incroyables à certains moments !

Soyez toutefois averti que vous devez commencer ce roman dans un bon mood global. Pour ma part, la fin de ma lecture m'a laissé complètement vidée et démoralisée, en raison justement de la lourdeur émotionnelle du livre, mais aussi de ce qui s'y passe à la fin ! J'ai aussi eu beaucoup de difficulté à passer à autre chose après ma lecture mais, malgré tout cela, vous pouvez être assuré que je relirai ce livre d'ici la fin de l'année !

Au final, il s'agissait d'une très belle découverte. J'aurais voulu que ma lecture ne s'arrête jamais ! Les extraits de la BD d'Eliza qui sont parsemés dans le roman ajoute vraiment à l'histoire, permettant de s'imprégner encore plus de l'univers qu'elle a créé et qui lui tient tant à coeur ! J'attends ma deuxième lecture du roman pour me prononcer, mais je crois bien que je peux le qualifier de coup de coeur: il m'a transporté et m'a fait vivre tellement d'émotions qu'il le mérite au moins pour cela !

Et vous, avez-vous lu ce livre ? Qu'en avez-vous pensé ? 

20 mars 2018

Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers par Benjamin Alire Sáen

Auteur: Benjamin Alire Sáen
Éditeur: PKJ
Collection: ---
Pages: 359
Parution: 18 juin 2015


Quatrième de couverture : 

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais... C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.

Mon avis : 

Comme plusieurs avant moi, je me suis plongée dans ce roman en raison des innombrables coups de coeur qu'il a provoqué chez un grand nombre de lecteurs ! Or, comme j'essaye d'apprivoiser tranquillement le genre contemporain, je me dirige bien souvent vers les titres les plus appréciés. Il s'agissait donc du choix tout désigné pour moi ! 

Nous rencontrons ici deux adolescents en quête de réponses sur la vie. Tout d'abord, Aristote est un jeune homme renfermé, silencieux mais envahi par de bonnes volontés. Dante, quant à lui, est son exact opposé : il est expressif, drôle et sûr de lui. Même si tout semble les séparer, ils ont tout de même un point en commun : ils n'ont pas d'ami. Leur rencontre viendra donc chambouler toute leur vie, et leur fera découvrir une toute autre façon de l'appréhender.  

De prime abord, au travers des avis que j'avais pu lire ou écouter au sujet de ce livre, j'avais cru comprendre que celui-ci était un peu philosophique, mais de façon adaptée pour des adolescents. Or, ma première déception a été de constater que ce n'était pas vrai. En effet, ayant cette information à l'esprit, je m'attendais à ce que les sujets discutés par les personnages ou les scènes mises en place par l'auteur abordent les sujets avec une certaine profondeur. J'ai été déçue de constater que l'on ne faisait qu'effleurer la surface de la plupart des enjeux discutés. Mes attentes n'ont donc pas été atteintes à ce niveau.

Dès le départ, je me suis un peu trop identifiée au personnage d'Aristote, et ce n'est qu'après coup que je me suis rendue compte à quel point cette association était malsaine. Pour moi, il m'a semblé d'un réalisme frappant, ayant des pensées certes sombres à quelques moments, et qui peuvent même sembler totalement exagérées et exaspérantes pour d'autres, mais pour moi, il présentait un grand pan de ma personne. Vous comprendrez donc que je me suis d'autant plus intéressé à son évolution psychologique, et aux solutions qu'apportaient l'auteur au fil des pages pour qu'il réussisse à évoluer plus aisément dans le monde. Or, malheureusement, la solution que l'auteur a apportée ici, qui était notamment liée à la découverte d'un pan de son identité, était un peu trop facile et ne pouvait pas m'aider pour mon propre développement personnel. J'ai donc été de nouveau déçue à ce moment-là, bien que mon implication plus grande que les autres lecteurs dans ce récit ait incroyablement joué sur mon appréciation du dénouement.

L'autre personnage principal de ce récit est Dante. Celui-ci m'a aussi beaucoup plu, mais encore une fois pour des raisons profondément personnelles que j'ai du mal à exprimer. Comment dire ? Il est intelligent, fier de sa personne, sûr de lui, entouré d'une famille aimante, rempli d'une joie de vivre pratiquement intarissable... Bref, il constitue aussi mon exact opposé, un personnage que j'ai du mal à comprendre mais que j'admire énormément.

Au final, bien que ce roman n'ait pas réussi à atteindre mes attentes, il constituait tout de même une excellente lecture contemporaine, que je vous recommande vivement si jamais vous êtes intéressés à découvrir cette histoire ! Ceux qui l'ont lu remarqueront que je tais ici la thématique charnière de ce roman, mais je me suis rendue compte que cette thématique était justement le clou de l'histoire. Or, en la connaissant, il est impossible de se faire des hypothèses sur la fin puisque nous la connaissons déjà... 

La partie qui suit contient un SPOILER, alors lisez à vos risques et périls ! 

De nombreux chroniqueurs mentionnent expressément que cette lecture porte sur une relation homosexuelle. Or, ayant connu cet élément dès le départ, je croyais que j'allais lire le développement d'une telle relation, et non pas suivre les personnages dans la découverte de leur homosexualité ! Je n'ai donc pas du tout lu le livre que je croyais lire, et cela m'a un peu déçue.

FIN SPOILER

À cause de toutes ces attentes non réalisées, je n'ai donc pas eu de coup de coeur pour ce roman, bien qu'il s'agissait d'une très bonne lecture ! J'espère que d'autres sauront l'apprécier plus que moi !

Et vous, avez-vous lu ce livre ? Qu'en avez-vous pensez ?

15 février 2018

Je t'ai rêvé par Francesca Zappia

Auteur: Francesca Zappia
Éditeur: Robert Laffont
Collection: R
Pages: 442
Parution: 12 novembre 2015


Quatrième de couverture: 

Vous, les gens normaux, êtes tellement habitués à la réalité que vous n'envisagez pas qu'elle puisse être mise en doute. Et si vous n'étiez pas capables de faire la part des choses ? Jour après jour, elle se retrouve confrontée au même dilemme : le quotidien est-il réel ou modifié par son cerveau détraqué ? Dans l'incapacité de se fier à ses sens, à ses émotions ou même à ses souvenirs, mais armée d'une volonté farouche, Alex livre bataille contre sa schizophrénie. Grâce à son appareil photo, à une Boule Magique Numéro 8 et au soutien indéfectible de sa petite sœur, elle est bien décidée à rester saine d'esprit suffisamment longtemps pour aller à l'université. Plutôt optimiste quant au résultat, Alex croise la route de Miles, qu'elle était persuadée d'avoir imaginé de toutes pièces...

Avant même qu'elle s'en rende compte, voilà que la jeune femme se fait des amis, va à des soirées, tombe amoureuse et goûte à tous les rites de passage de l'adolescence. Mais alors, comment faire la différence entre les tourments du passage à l'âge adulte et les affres de la maladie ? Tellement habituée à la folie, Alex n'est pas tout à fait prête à affronter la normalité. Jusqu'où peut-elle se faire confiance ? Et nous, jusqu'où pouvons-nous la croire ? 

Mon avis: 

Cela fait déjà 5 minutes que je tente de trouver un point de départ pour aborder cette chronique, mais je suis assaillie par trop de possibilités... Je vais donc commencer par le commencement, comme on dit !

"Je t'ai rêvé" raconte l'histoire d'Alex, une jeune adolescente atteinte de schizophrénie, alors qu'elle tente d'intégrer une nouvelle école secondaire. Malgré sa médication, elle est assaillie sans arrêt par des hallucinations, de la plus inoffensive à la plus dérangeante. Or, l'histoire nous est racontée de son point de vue, ce qui fait en sorte que nous ne pouvons jamais nous fier à ce qui est décrit par l'auteure. Cela rend la lecture très dynamique et intéressante, alors que nous devons sans cesse séparer le vrai du faux. 

C'est justement cet aspect qui m'a d'abord convaincue d'entamer cette lecture. J'avais envie de découvrir le quotidien des personnes atteintes de cette maladie, mais aussi de m'imposer un petit "défi intellectuel" en tentant de déterminer quels éléments étaient réellement véridiques. Bien sûr, certains sont plus faciles à départager que d'autres, notamment la présence de gardes du corps sur le toit de l'école, mais la plupart sont beaucoup moins évidents... Or, malgré ma bonne volonté et ma constante attention, je n'ai pas été en mesure de deviner la révélation finale ! L'auteure m'a complètement flouée, et je dois dire que j'ai bien aimé ça ! 

L'ambiance que l'auteure a mis en place dans ce roman joue beaucoup dans mon appréciation de celui-ci. En effet, j'ai pour ma part senti un tiraillement entre les joies éphémères de l'adolescence et le poids de la maladie qui pesait à tout instant sur les épaules d'Alex. La combinaison de ces deux ambiances en apparence incompatibles rendaient le tout très vivant et intéressant. En effet, cela fait en sorte qu'il est impossible de deviner si les sentiments des personnages à un moment précis vont demeurer les mêmes ou vont plutôt être complètement chamboulés en raison d'une hallucination particulièrement intense. 

Parlons maintenant des personnages. Tout d'abord, j'ai vraiment adoré le personnage de Miles, mais seulement à partir d'un certain point de l'histoire. En effet, au début, il était clairement insupportable à mes yeux, contrairement à l'autre ami d'Alex (dont le nom m'échappe). Puis, tout s'éclaircie, et je suis parvenue à comprendre la complexité du personnage de Miles, à tel point qu'il est devenu mon personnage préféré du roman. Pour ce qui est d'Alex, je l'ai bien apprécié, mais on sent vraiment l'influence de la maladie mentale sur son caractère. Cela n'en fait pas un personnage moins attachant, mais disons que le lien qui s'est établie entre elle et moi était plus diffus que ce qu'il peut être dans d'autres livres. 

Pour conclure, j'ai absolument adoré ce roman, que j'ai dévoré à une vitesse folle ! J'ai aimé en découvrir plus au sujet de la schizophrénie, et j'ai aussi apprécié le message d'espoir que l'auteure envoie au travers de ce roman pour ces personnes (notamment grâce à la romance mise en place). Finalement, j'ai aussi beaucoup apprécié le défi intellectuel qu'on nous propose ici, et je suis encore impressionnée que l'auteure ait réussi à me flouer à la fin ! Bref, si l'un de ces thèmes vous intéresse, je vous conseille vivement de vous pencher sur ce roman, il en vaut vraiment le détour ! 

4 février 2018

Les petites reines par Clémentine Beauvais

Auteur: Clémentine Beauvais
Éditeur: Sarbacane
Collection: Exprim'
Pages: 270
Parution: 1er avril 2015


Quatrième de couverture: 

À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée. En vie, vraiment.

Mon avis: 

Mon attention a été attirée par Les petites reines notamment au moment de la sortie d'une pièce de théâtre basée sur cette histoire. Le concept de base m'a immédiatement intéressée : 3 filles, nommées boudins de l'année dans leur école secondaire, décident de se retrousser les manches et organisent un roadtrip en vélo qui reliera Bourg-en-Bresse à Paris. Pour information, Google map indique que cela représente 460 km, pour une estimation d'environ 25 h de vélo. 

Nos jeunes aventurières partent donc pour cette expédition, en vendant sur la route du boudin. Mentionnons-le, car je ne l'avais pas compris immédiatement, vendre du boudin implique de tirer derrière elles ce qui permet de préparer et de conserver ce boudin, ce qui représente un défi supplémentaire ! Elles ont donc pour objectif de se rendre à Paris le 14 juillet, jour de la fameuse (?) garden-party de l'Élysée, mais refuse de révéler à leurs supporteurs la raison de cet objectif... Car oui, elles ont des supporteurs, et pas qu'un peu : toute la presse française veut suivre et connaître leur histoire ! 

Alors, qu'ai-je pensé de ce roman ? D'emblée, je dois l'annoncer, je n'ai pas aimé Mireille, le personnage principal. Or, c'est elle la narratrice de l'histoire, et nous l'accompagnons dans ses pérégrinations. Ainsi, l'ensemble de ma lecture a été en demi-teinte notamment en raison de ce personnage. Comment expliquer le comportement de Mireille ? Mireille est étrange: elle s'est bâtie une énorme carapace en raison de la méchanceté perpétuelle dont les autres font preuve à son endroit. Malheureusement, cette expérience déplaisante teinte aussi ses rapports avec les personnes qui l'apprécient, comme par exemple les deux nouveaux boudins et sa famille, avec qui elle est tout simplement insupportable. Bien sérieusement, si on m'envoyait une réplique à la Mireille, j'y répondrais de bout en blanc et je refuserais de parler de nouveau à la personne ! Non mais, je comprends qu'on peut se forger un caractère, mais il y a des limites à ce qui est acceptable de faire endurer aux autres ! 

Considérant ce contexte, j'ai essayé le plus possible de porter attention aux actions des autres personnages, à leurs pensées et leurs émotions. J'ai ainsi bien plus apprécié Astrid et Hakima, qui agissait plus réalistement que Mireille dans la situation. Elles ont toutes les deux été affectées par leur nomination, et ce n'est que sous l'influence de Mireille qu'elles ont accepté de se reprendre en main pour participer au voyage à vélo. Elles sont authentiques, gentilles, déterminées, mais surtout empathiques. N'oublions pas de mentionner l'existence du frère d'Hakima, qui les accompagne aussi dans leur périple. Son nom m'échappe, puisque Mireille l'appelle "le Soleil" tout du long, mais il s'agissait aussi d'un personnage intéressant. Son passé enrichit quelque peu l'histoire, et permet de se poser des questions supplémentaires durant notre lecture. 

Pour ce qui est de l'intrigue, je dois dire que je m'attendais à un peu plus. Le voyage en tant que tel commence vraiment tard dans l'histoire, ce qui fait en sorte que tout le reste prend beaucoup plus de temps à se mettre en place qu'anticipé. Pour ma part, j'ai trouvé cette première partie avant voyage plus longuette et inutile. Ensuite, on tombe dans le voyage en lui-même, et là plusieurs rebondissements intéressants surviennent. On se sentait vraiment en roadtrip. De plus, l'ensemble du récit était porté par une plume simple, mais efficace. Le vocabulaire choisi collait parfaitement à une bande d'adolescentes, ce qui permettait bien de se mettre dans la peau des personnages. 

Au final, j'ai bien aimé l'idée générale du roman et les thèmes qui y sont traités, et ce malgré une narration décousue de la part du personnage de Mireille. Mentionnons que j'ai plus su apprécié les autres personnages, notamment Astrid et Hakima. Je recommande donc ce livre si la thématique vous intéresse, de même que si vous avez envie de vous évadez en prenant part à une excursion à vélo sur les routes de la France ! 

29 novembre 2017

Girlhood par Cat Clarke

Auteur: Cat Clarke
Éditeur: Robert Laffont
Collection: R
Pages: 360
Parution: 5 octobre 2017


Quatrième de couverture: 

L'amitié, c'est comme une allumette...... il suffit d'une étincelle pour se brûler les doigts.
J'ai sombré quand ma soeur jumelle est morte, et mes amies m'ont reconstruite, morceau par morceau.
Depuis, je pensais que jamais rien ne pourrait nous séparer.
Jusqu'à ce que débarque cette nouvelle fille...

Mon avis: 

J'avais déjà fait l'expérience d'un Cat Clarke par le passé (pour voir la chronique de Perdue et retrouvée, c'est par ici), et je n'avais pas été particulièrement convaincue entre autres par les agissements de Laurel, la soeur revenante. Toutefois, avant ma lecture, je me suis aussi rappelée que cette auteure a un certain talent pour traiter des émotions de ses personnages, surtout dans des contextes très difficiles (un enlèvement dans le cas de ma lecture précédente). Je me suis donc lancée avec une certaine appréhension dans ce nouveau titre, mais en même temps avec l'idée de plonger tête première dans la déferlante d'émotions qui m'attendait. 

Dans cette histoire, nous retrouvons Harper, une jeune fille en dernière année de lycée (ne connaissant absolument rien du système scolaire en Europe [qui, je présume, change selon les pays], on dira donc qu'elle est dans l'étape de sa scolarité qui précède son entrée à l'université). Trois ans auparavant, sa soeur jumelle est décédée des suites d'une anorexie prolongée, dont Harper se rend responsable. Ainsi, elle a dû se reconstruire petit à petit après ce décès.. Pour ce faire, elle a décidé d'intégrer un pensionnat, et c'est rapidement trouver un groupe d'amies avec qui elle s'entend merveilleusement. Or, alors qu'elle commence à faire son deuil, une nouvelle fille arrive à l'école, et vient tout chambouler... 

Tout d'abord, j'ai adoré découvrir l'amitié que partage ces quatre filles à la base. Elles ne sont pas les plus populaires de l'école (qui, soulignons-le, en est uniquement une pour fille), et elles ont toutes des personnalités hautes en couleur. En tant que telle, le roman ne fait que relater l'histoire de ces quatre filles au pensionnat, alors qu'elles font toutes les activités normales d'adolescentes de cet âge. Si vous aimez les histoires de pensionnat, je suis sûre que vous aimerez celle-ci ! Hormis cela, le fil conducteur de l'intrigue repose essentiellement sur la nouvelle, Kirsty, et les changements qu'elle amène. La tension croissante que l'on ressent tout du long classe ce roman parmi les thrillers psychologiques (que je qualifierais tout de même de léger). 

J'ai beaucoup aimé les différentes personnalités des filles du groupe, tout particulièrement celle de Rowan. Elle était fraîche et bienvenue dans cette petite clique. Elle m'a un peu fait penser à Luna dans ses excentricités, tout en conservant son courage (et avec le caractère lunatique en moins). Lily et Ama aussi étaient intéressantes: Lily avec ses nouvelles responsabilités de responsable de maison, et Ama avec son talent pour la musique et ses questions déplacées à "Vérité ou Conséquences". 

Les deux personnages que l'on découvre le mieux dans ce livre sont Harper et Kirsty. Dès le départ, j'ai éprouvé un énorme malaise avec Kirsty, et il s'est étendu sur l'ensemble de ma lecture. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne la sentais clairement pas cette fille-là ! Quant à Harper, je l'ai vraiment apprécié pendant une majorité de l'histoire. Elle est très forte de caractère, et c'est une très bonne amie de surcroît. Elle essaie de jongler avec son deuil, sa culpabilité face à la mort de sa soeur, de même que sa volonté de continuer à vivre et à avoir des amies malgré toutes les épreuves qu'elle a traversées. Il y a seulement un petit passage où j'ai trouvé que son changement de comportement était un peu trop drastique à mon goût, mais je vous laisse découvrir tout ça lors de votre lecture ! 

Comme je l'ai dit plus tôt, le grand talent de Cat Clarke consiste à pouvoir traiter de sujets et de thèmes difficiles, en réussissant à en retranscrire les impacts de façon admirable. À un certain moment de ma lecture, j'étais tellement impliquée émotionnellement que j'ai dû arrêter de lire pour me détacher des émotions de Harper ! J'en étais rendue à un point où je ressentais sa détresse, et cela m'a tellement affectée que je ne suis pas sûre que ça ait été bénéfique pour moi à ce moment-là ! Le plus difficile a été de me replonger dans ma lecture à partir de ce passage... Pour ne pas projeter de nouveau les émotions des personnages sur moi, j'ai dû terminer le roman pour enfin réussir à  en décrocher ! 

Il convient donc de le souligner, l'auteure a un certain talent pour traiter de thèmes difficiles, par exemple le deuil, la culpabilité et l'anorexie, mais aussi de tout ce qui se rattache aux adolescents, entre autres l'importance de l'amitié pour eux, la sexualité et le besoin d'être accepté. Tout ça narré par une plume simple et fluide, cela ne fait qu'accentuer le plaisir de la lecture, surtout si ces thèmes vous parlent particulièrement. 

L'énorme point négatif que j'ai pu trouver à ce roman, c'est sa fin. En effet, l'auteure nous tient en haleine pendant l'entièreté du livre, nous faisant subir une tension de plus en plus croissante. Lorsque celle-ci atteint son paroxysme, on s'attend à quelque chose d'incroyable, qui nous fera voir l'ensemble de l'histoire d'un autre oeil en y repensant. J'aime prendre conscience, à la fin de ma lecture, de chacun des éléments qui ont été semé ici et là dans l'histoire pour nous mener au final tant attendu. Or, ici, je me suis retrouvée avec l'une des fins les plus simplistes que j'ai eu à lire jusqu'à maintenant. J'ai malheureusement réussi à la deviner pratiquement au début du roman, alors qu'on rencontre à peine les personnages de l'histoire, et je trouve cela plutôt décevant. Je n'ai pas senti que la montée en tension avait vraiment servi à quelque chose. Bref, vous l'aurez compris, l'ensemble de l'intrigue est un peu tombé à l'eau pour moi à cause de cette fin. 

En bref, j'ai bien aimé ce roman, quoique son apogée n'ait pas été à la hauteur de mes attentes. Notons toutefois que les à-côtés de l'histoire, particulièrement les thèmes traitées par l'auteure et la magnifique histoire d'amitié qui est mise au premier plan, valent la peine que l'on s'y attarde. Je vous le conseille si vous avez envie de découvrir une histoire se déroulant dans un pensionnat, et qui aborde des thèmes liés à l'adolescence et au décès d'un être cher ! 

Merci à Collection R Canada pour cet envoi ! 


20 novembre 2017

Le monde de Charlie (The Perks of being a Wallflower) par Stephen Chbosky

Auteur: Stephen Chbosky
Éditeur: Le Livre de Poche
Collection: ---
Pages: 256
Parution: 2 septembre 2015


Quatrième de couverture: 

Au lycée, où il vient d'entrer, on trouve Charlie bizarre. Trop sensible, pas "raccord". Pour son prof de Lettres, c'est sans doute un prodige; pour les autres, c'est juste un "freak". En attendant, il reste en marge, jusqu'au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. La musique, le sexe, les fêtes : le voilà entré dans la danse... et tout s'accélère. 

Mon avis: 

Cette histoire est probablement l'une de mes préférées, du point de vue des contemporains ! J'ai commencé par la découvrir au cinéma, et ce n'est que bien plus tard que je me suis convaincue que cela valait la peine de la découvrir en livre. 

On découvre le personnage de Charlie, un garçon atypique et quelque peu en marge des autres étudiants, qui essaie bien malgré lui de se tracer un chemin dans sa vie lycéenne. Plusieurs diront que c'est du remâché, qu'on a déjà vu ce type d'histoire des centaines de fois. Eh bien non, au contraire ! Le monde de Charlie, c'est la découverte d'une personne associable, qui est un peu emprisonné dans sa tête, et qui essaie de comprendre pourquoi son comportement n'est pas considéré comme normal par les autres. Sous forme épistolaire (et donc de plusieurs lettres adressées à un "ami"), l'auteur nous raconte donc du point de vue de Charlie sa vie, et y aborde des thématiques particulièrement frappantes comme l'abus, le viol et la drogue, et d'autres qui sont tout aussi importantes comme l'amitié, l'amour, l'homosexualité, les problèmes mentaux et la définition de sa place dans la société.

Le monde de Charlie, c'est vivre la vie d'un individu qui n'est pas normal, mais qui se révèle tout de même attachant. Je me reconnaissais derrière plusieurs des pensées qu'ont eu Charlie et ses nouveaux amis, particulièrement Sam et Patrick. Plusieurs passages sont criant de vérité, et reflète parfaitement mon opinion sur certains sujet. D'autres sont des messages d'espoir pour le futur, adressés à Charlie, mais qui transcendent les personnages et l'histoire pour s'adresser plus particulièrement au lecteur.

Le monde de Charlie, c'est un livre qui se déguste, page par page. Il y a tellement de profondeur dans ce livre, pourtant caché sous un contexte si anodin de lycéen en quête d'amis, qu'on ne peut que vouloir ralentir la lecture pour en apprécier chaque mot. C'est exactement le genre de livre que je suis contente de posséder, puisque je sais que lorsque j'aurai besoin que quelqu'un me comprenne dans une solitude passagère que je pourrais éprouver, je pourrai me tourner vers Charlie.

Le monde de Charlie, c'est la redécouverte des classiques de la littérature américaine, proposée par son professeur de français. Charlie nous présente plusieurs réflexions intéressantes sur ces livres et, même si elles sont à la Charlie (et donc complètement décousues de sens par moment), elles se révèlent tout de même très intéressantes. De même, l'auteur conseille une liste de chansons écoutées par le groupe d'amis tout au long du roman, chansons qui sont reprises dans la version cinématographique. Elles accompagnent merveilleusement l'histoire, et enrichit par le fait même le répertoire musical des lecteurs. Bien sérieusement, cette musique représente parfaitement l'ambiance, et cela ajoute un plus à l'expérience que d'en profiter.

Le monde de Charlie, c'est aussi la découverte de ses émotions, et du principe du respect de ses émotions et opinions. Charlie n'est que vérité et il est très "impulsif", si je puis dire, dans ses réactions. Il ne fait les choses que si cela correspond à ce qu'il pense réellement, sans fla fla additionnel. Il est très rafraîchissant de suivre un personnage aussi vrai.

Finalement, Le monde de Charlie, c'est la découverte d'un véritable coup de coeur. Bien que les thématiques ne soient pas toutes facile à aborder, l'auteur s'y est pris de la meilleure façon qui soit, en analysant les conséquences plutôt qu'en explicitant les causes. C'est aussi un récit joyeux, qui véhicule un message d'espoir pour les lecteurs s'identifiant au personnage de Charlie ou à son passé.

Bref, je le recommande à tout le monde, considérant que chacun gagne à découvrir cette histoire, peu importe où l'on va et d'où l'on vient. 

11 septembre 2017

Mange, prie, aime par Elizabeth Gilbert

Auteur: Elizabeth Gilbert
Éditeur: Éditions Le Livre de Poche
Collection: ---
Pages: 507 pages
Parution: 13 mai 2009


Quatrième de couverture: 

A trente et un ans, Elizabeth Gilbert possède tout ce dont une Américaine ambitieuse peut rêver : un mari dévoué, une belle maison, une carrière prometteuse. Elle devrait nager dans le bonheur, pourtant elle est rongée par l'angoisse, le doute, l'insatisfaction... 

S'ensuivent un divorce, une dépression et une liaison désastreuse qui la laissent en exsangue et encore plus désemparée. Elle décide de tout plaquer pour partir seule à travers le monde. À elle de se construire la vie qu'elle s'est choisie ! 

En Italie, elle goûte aux délices de la dolce vita et prend les "douze kilos les plus heureux de sa vie", en Inde, ashram et rigueur ascétique l'aident à discipliner son esprit (lever à 4 heures du matin, méditation et nettoyage des sols !) et en Indonésie, elle cherche à réconcilier son corps et son âme pour trouver l'équilibre qu'on appelle le bonheur... Elizabeth Gilbert nous invite à un voyage vers l'inconnu joyeux et émouvant, libéré des mascarades et faux-semblants. À travers une mosaïque d'émotions et d'expériences culturelles, elle a su conquérir le coeur de millions de lectrices qui ont aimé pleurer et rire avec elle. Et qui rêvent de changer de vie, elles aussi... 

Mon avis: 

Ai-je besoin de préciser que ce roman se distancie énormément de mes lectures habituelles ?  Nous sommes très loin des univers de fantasy, de dystopie ou de young adult que je fréquente habituellement ! Il s’avère que, durant mon été, j’ai été plongé dans une ambiance plus « adulte » qui m’a donné envie de lire sur des sujets plus profonds, plus posés, plus enrichissants sur le plan personnel que mes lectures de tous les jours, qui ont plutôt pour but de me distraire. J’ai trouvé ce livre dans une librairie d’occasion, et en ayant entendu beaucoup de bien, j’ai décidé de l’acquérir pour le plaisir de voir ce que cela pourrait donner.

Je dois d’abord préciser que ce livre ne peut être apprécié à sa juste valeur que si le lecteur est vraiment dans le « mood » de lire ce genre d’histoire. Il faut le commencer sans préjugé, avec une totale ouverture d’esprit. Il faut se laisser immerger par l’histoire et les découvertes de la narratrice, en évitant de juger sa façon de voir la vie (particulièrement la vie spirituelle). Cela ne signifie pas d’adhérer à ses croyances « religieuses », mais plutôt de ne pas s’offusquer au moindre détail qui pourrait nous faire tiquer parce que cela contredit nos propres croyances.

Avant toute chose, ce livre en est un de voyages, et donc de découvertes de nouvelles cultures. À travers les yeux de l’auteure, nous sommes entraînés à découvrir l’Italie, l’Inde et l’Indonésie dans différents contextes. Je n’avais jamais lu de livre de ce genre, et je dois dire que j’ai énormément appris de celui-ci. Je ne suis pas une très grande voyageuse (considérant que je viens du Québec et que le plus loin que je suis allée dans ma vie est la ville de New York aux États-Unis), mais l’auteure a vraiment réussi à m’immerger dans ces pays splendides, que ce soit par le paysage, la culture ou la spiritualité entourant les habitants.

L’auteure offre aussi, comme vous vous l’imaginez, de très nombreuses réflexions sur divers sujets de la vie. Plus particulièrement, le livre s’attarde beaucoup sur la notion de bonheur individuel, et pose des réflexions sur le lien de dépendance que l’on peut entretenir avec son partenaire amoureux, lien qui se révèle néfaste pour l’accomplissement du bonheur personnel (plus particulièrement chez la femme). Je n’adhère toutefois pas nécessairement à l’idée que se fait Liz (le personnage principal) de la façon d’atteindre le bonheur. En effet, elle décide d’emprunter une voie beaucoup trop religieuse pour mes propres croyances (soit l’art de la méditation et énormément de référence à Dieu lors de cet exercice). Je continue tout de même à croire que ses réflexions initiales sur l’atteinte du bonheur sont très intéressantes et justes, à tout le moins dans mon cas.

J’ai décidé de lire ce livre très très lentement, pour être en mesure de l’apprécier à sa juste valeur. En effet, j’ai l’impression que de le lire en une seule fois, sans prendre le temps de laisser reposer les concepts dans ma tête, m’aurait vraiment empêché d’en découvrir les subtilités. Loin de moi l’idée de dire que j’ai complètement saisi l’intégralité des messages que voulaient véhiculer ce livre, mais du moins en ai-je compris plus que si je l’avais dévoré. Je suis donc contente d’avoir procédé de cette façon, et ce même si j’avais bien hâte de le terminer pour passer à la lecture suivante.

Mon appréciation globale du livre est assez positive. En effet, je l’ai lu exactement au bon moment pour moi, et il m’a fait prendre conscience d’énormément de choses sur des sujets variés. Je ressors de cette lecture avec l’impression qu’elle a réussi à changer ma vision des choses sur plusieurs sujets, entre autres la méditation, le bonheur, les relations de couple et d’amitié, les voyages, et j’en passe. Le seul petit bémol que je lui trouve est un évènement qui est survenu à la fin du livre. Je n’en parlerai donc pas explicitement, par peur de vous spoiler, mais je trouve que c’était inapproprié dans les circonstances de cette histoire, et cela me déçoit quelque peu que les auteurs gâchent chaque fois, à mon avis, leur roman de cette façon… (Et oui, je suis mystérieuse, je le sais, mais ceux qui ont lu le livre comprendrons ce que j’entends par là, et ce même s’il ne partage pas mon avis).

Je vous le recommande donc, comme je l’ai recommandé à mes amies, mais prenez garde d’être à un moment de votre vie où vous serez assez ouvert d’esprit et réceptif pour l’apprécier comme il se doit.

N’hésitez pas à me dire en commentaires ce que vous avez pensé de ce livre, ou du film ! Cela me ferait très plaisir d’avoir une discussion sur votre appréciation de cette histoire, considérant qu’il peut toucher beaucoup de valeurs des uns et des autres ! 

15 novembre 2016

Les Stagiaires par Samantha Bailly

Auteur: Samantha Bailly
Éditeur: Milady 
Collection: Romance
Pages: 350 
Parution: 21 mars 2014

Quatrième de couverture: 

Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d'horizons différents. Leur seul point commun: ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l'édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l'industrie créative. 

Une réalité s'impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d'élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives. 

Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne. Étudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu'on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. À leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro... Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s'entremêlent. Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ? 

Mon avis: 

Ce livre a tout de suite attiré ma curiosité. Je vais effectuer mon premier stage cet été et je dois dire que je suis assez curieuse sur ce qui m'attends. De le découvrir du point de vue d'un jeune de mon âge, il faut dire que cela m'a immédiatement attiré et, en voyant cette magnifique couverture, je ne pouvais que craquer devant à cette histoire. 

Dans ce roman, nous sommes à tour de rôle dans la tête d'Ophélie et d'Arthur, deux jeunes totalement différents que tout oppose, hormis leur milieu de stage. Dès le début, je me suis immédiatement attachée à Ophélie. Il faut dire qu'elle me ressemble énormément: nous avons les mêmes valeurs, venons toutes les deux de régions et allons expérimenter autres choses en ville. Arthur, quant à lui, m'a immédiatement repoussé: en plus d'avoir une façon de penser très crue, ses agissement ne correspondaient aucunement à mes valeurs. Il ne profite pas de ce qu'il a et cherche toujours à obtenir ce qu'il n'a pas. Sa vie se rythme par les challenges qu'il réussit à relever, ce qui est totalement opposé à ma propre façon d'aborder la vie. Pour cela, chapeau à l'auteur pour avoir fait deux personnages aussi atypiques dont la personnalité se reflète dans leur façon de penser et d'agir. 

Quant à l'histoire, je l'ai trouvé très entraînante. Toutefois, je n'arrive toujours pas à comprendre comment les auteurs font pour nous captiver autant grâce à une simple narration de la vie quotidienne de leurs personnages. Mais il faut dire que ça marche ! J'ai totalement dévoré ce roman durant le Weekend à 1000 organisé la fin de semaine dernière. Je voulais toujours savoir ce qui allait arriver dans la vie d'Ophélie, d'Arthur, de Vincent, d'Alix et de Hugues, que ce soit au travail ou après. En plus de vivre des hauts et des bas au niveau professionnel (avec des maîtres de stage qui leur en font voir de toutes les couleurs), ils seront aussi impliqués émotionnellement. C'est sûr que l'histoire ne sort pas beaucoup des sentiers battus à ce niveau (on y retrouve même certains clichés qui m'ont un peu abasourdis), mais c'était tout de même agréable. 

Je ne peux pas rédiger cet article sans parler de la fin. En fait, plusieurs décisions que prend Ophélie ont réussi à me surprendre d'abord puis, en y réfléchissant, je me suis rendue compte que l'auteure n'avait pas le choix de faire cela. De même, je me doute bien que l'auteure ne partage pas nécessairement le point de vue d'Arthur sur le monde, mais elle a réussi à rester fidèle à son personnage à tout moment dans sa rédaction. Pour ça, je lui lève mon chapeau (il faudrait vraiment que j'aille m'en acheter un ! ) puisqu'il n'est pas facile de respecter les personnages que l'on s'est créé. En effet, les auteurs ont habituellement du mal à vraiment bien décrire les faits et gestes d'un personnage qui leur est totalement opposé en terme de valeurs, sauf s'il s'agit de cliché bien connu (dont les réactions sont donc prévisibles dans de nombreuses situations). Ici, j'ai d'abord été surprise par la divergence de narration d'Ophélie et d'Arthur, particulièrement parce que je ne pensais pas que l'auteure oserait un personnage comme Arthur. J'ai donc été, comme je l'ai dit au tout début de l'article, agréablement surprise. 

Finalement, j'ai été quelque peu déçue... le roman n'avait pas assez de pages ! J'aurais voulu suivre Ophélie pendant des semaines et des semaines encore, peu importe les décisions qu'elle aurait prises pour son futur ! Je voulais la voir évoluer psychologiquement et sur le plan sentimental aussi, question de la connaître encore mieux ! Je crois que c'est le seul problème que j'ai en lisant des romans contemporains: Je ne veux jamais que cela s'arrête ! Je l'avais souligné aussi dans Fangirl, de Rainbow Rowell. Je présume que je vais finir par m'habituer, ou alors je vais le déplorer à chacune de mes lectures ! 

Bref, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman ! Il présente le quotidien d'un stagiaire en milieu professionnel et je dois dire que le tableau qui est dépeint me fait plutôt peur pour la suite ! (J'espère particulièrement ne pas tomber sur un maître de stage qui ressemble à Caroline !). Les personnages sont tout bonnement attachants, et on en vient même à aimer en détester certains... ! Je continue de plaider que le roman aurait dû être plus long, même si le continuer aurait impliqué de tomber dans une "nouvelle histoire". Je vous le recommande si vous avez envie d'explorer le monde des stages ou si vous souhaitez vous plonger nostalgiquement dans cet univers familier. 

4 septembre 2016

Je veux vivre par Jenny Downham

Auteur: Jenny Downham
Éditeur: Éditions Plon
Collection: Jeunesse
Pages:  396 pages
Parution: 9 juin 2008


Quatrième de couverture: 

Tessa vient d'avoir seize ans et se sait condamnée. Dans quelques semaines, elle mourra d'une leucémie. Partagée entre la révolte et l'angoisse, l'injustice et les aspirations propres à son âge, Tessa décide de tout connaître de la vie avant de mourir, y compris les transgressions, la célébrité... Aidée de sa meilleure amie, de ses parents qui acceptent tout, Tessa se lance alors dans une course contre la montre, contre la mort, pour vivre ! 

Classement: Pas apprécié 

Mon avis: 

J’ai beaucoup entendu parler de ce roman par la sphère littéraire. J’ai donc été très heureuse de l’emprunter lorsque je l’ai aperçu sur les étagères de la bibliothèque municipale. Comme j’en avais entendu beaucoup de bien, j’ai décidé de ne pas lire la quatrième de couverture et de me lancer tête première dans l’histoire.

On raconte donc ici la vie d’une jeune fille qui en phase terminale d’un cancer. Elle s’est fait une liste de choses à faire avant de mourir et nous la suivons donc dans l’accomplissement de cette liste. À la base, le concept me tentait beaucoup : j’étais curieuse de connaître quelles pouvaient être les dernières volontés d’une adolescente. Toutefois, lorsque j’ai vu la liste, cela m’a tout de suite refroidie : il s’agissait de pauvres petits rêves d’adolescente qui n’a pas encore vécu tous ses trips…

Vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout apprécié ce livre. D’abord, il m’a pris un temps fou à lire puisque le comportement de l’héroïne me tapait sur le système. J’avais souvent envie de la gifler pour la forcer à bouger et à aller explorer le monde pendant qu’il était encore temps. Ensuite, ses objectifs n’étaient pas du tout intéressants à suivre. Ce n’était pas assez recherché pour la jeune femme de 21 ans que je suis. Ajoutez à cela un frère qui se rie de la situation et une meilleure amie exaspérante, vous obtiendrez, à mon avis, un livre non accrocheur et très loin de la réalité. Le seul personnage que j’étais en mesure de supporter, c’est son voisin (dont le nom m’échappe complètement maintenant). Il comprenait la situation et n’essayait pas à tout prix de dédramatiser. Il savait ce dont avait besoin Tessa et faisait tout pour qu’elle l’ait.

Bref, je ne m’attarderai pas plus à la critique de ce livre par peur de trop vous influencez. Toutefois, comme je l’ai dit au tout début de mon article, il faut que vous gardiez à l’esprit que beaucoup de personnes ont apprécié ce livre. Je vous encourage fortement à le lire pour vous faire votre propre opinion et, qui sait, peut-être qu’il s’agira d’un coup de cœur pour vous ! 


18 juin 2016

Perdue et retrouvée par Cat Clarke

Auteur: Cat Clarke
Éditeur: Robert Laffont
Collection: R
Pages: 414 pages
Parution: 23 avril 2015


Quatrième de couverture: 

Essayez d'imaginer: 
Un enfant kidnappée. Une famille déchirée. 
Lentement, au fil des ans, cette famille va recoller les morceaux. Elle reste un peu fragile, bien sûr, mais toujours unie. Et voilà que l'enfant, devenue adulte, revient à la maison... 
C'est là que l'histoire commence. Et si la fin du cauchemar n'était que le début d'un autre ? 

Classement: Bronze

Mon avis: 

J’ai décidé d’emprunter ce roman à la bibliothèque sur un simple coup de tête. En effet, j’avais quelque peu entendu parler de Cat Clarke, mais je n’avais jamais vraiment regardé ses livres. Lorsque je suis tombée sur Perdue et retrouvée, le résumé m’a tout de suite intrigué ! Je me suis immédiatement mise à imaginer ce qui pourrait arriver à cette famille, et je ne pouvais donc plus repartir de la bibliothèque sans ce roman.

On se retrouve donc ici dans les souliers de Faith, la sœur de la disparue. On revit avec elle le retour de sa sœur Laurel dans la famille, de même que la pression des médias au moindre de leurs pas. Bien sûr, Faith est déjà très habituée à la présence des médias dans sa vie puisque sa famille avait dû recourir à leur aide par le passé, mais elle ne les apprécie pas pour autant. On suit donc la réhabilitation de Laurel dans sa famille après avoir vécu des atrocités chez son ravisseur.

En tant que tel, j’ai trouvé que l’auteur avait fait un bon travail au niveau de l’écriture. Elle dépeint bien les émotions de Faith dans toutes les situations de sa vie, en particulier son ambiguïté face au retour de sa sœur. L’histoire découle donc facilement, même si, à mon avis, elle manque gravement de péripéties. En effet, même si le tout s’enchaîne bien dans les idées, il me semble que l’auteur sème mal ses indices. Elle ne provoque absolument pas d’évènements majeurs dans la vie de cette petite famille. Tout coule trop bien : Laurel m’a semblé trop normale pour une jeune fille qui a été kidnappée aussi jeune et aussi longtemps et jamais elle n’est déboussolée par une situation. On dirait que l’auteur voulait disséminer ses indices au compte-goutte afin de nous laisser le temps de deviner la fin, mais cette façon de faire a rendu l’avancée de l’histoire très lente. De plus, j’ai réussi à deviner bien avant la fin ce que l’auteur avait en tête, ce qui est un peu dommage.

Pour terminer, j’ai bien aimé les personnages qui nous ont été présentés. D’abord, Faith est quelqu’un de très humain. En tant que jeune adolescente qui a perdu sa sœur depuis très longtemps, je la comprends de douter face à la situation. Elle se fait rapidement la réflexion que sa sœur est désormais une parfaite étrangère pour elle et elle ne sait pas du tout comment l’aborder. Elle essaie de garder sa vie normale à l’école, mais c’est très difficile vu la façon dont le retour de Laurel est médiatisé. De plus, elle a l’impression maintenant plus que jamais qu’elle vit dans l’ombre de sa sœur et que les gens ne la reconnaîtront plus pour la personne qu’elle est, mais plutôt par son lien avec sa sœur. Cela doit être assez déroutant de se retrouver, du jour au lendemain, dans une telle vie.

Comme je l’ai dit précédemment, Laurel m’a un peu paru irréelle. Elle ne réagit absolument pas comme je m’y attendais au vu des épreuves qu’elle a dû surmonter. De plus, elle est un peu fade puisqu’elle ne se choque jamais à propos de rien (ou pratiquement) et ne démontre jamais ses émotions dans n’importe quelle situation. Elle m’a donc quelque peu déçue.

En conclusion, il s’agit d’un assez bon roman qui fait réfléchir de par le thème principal qu’il aborde, mais j’avoue avoir été déçue par le manque d’action et la personnalité fade de Laurel. Peut-être retenterai-je un jour un roman de Cat Clarke, mais celui-ci ne m’a pas convaincue…


Et vous, est-ce que vous avez lu ce livre ? Est-ce que vous me conseillez tout de même les autres romans de Cat Clarke ? 


26 mai 2016

Eleanor and Park de Rainbow Rowell


Auteur: Rainbow Rowell
Éditeur: Pocket Jeunesse
Collection: ---
Pages: 384 pages
Parution: 8 septembre 2014

Quatrième de couverture: 

1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s'installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, un garçon solitaire et secret, l'ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent par leur amour des comics et des Smiths... Et qu'importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là. 

Mon classement: Coup de coeur

Mon avis: 


J’ai décidé de céder à la tentation de lire ce livre grâce aux nombreuses critiques qui en faisaient l’éloge. En effet, on aurait dit que tout le monde était d’accord pour dire qu’il s’agissait d’un véritable coup de cœur, allant même jusqu’à affirmer que le phénomène se comparait à Nos étoiles contraires. J’étais donc excessivement curieuse de voir ce que cette histoire renfermait et laissez-moi vous dire que je n’ai pas été déçue, loin de là !

L’histoire qui nous est présentée ici est très simple en soi. Eleanor arrive dans une nouvelle école. Ce seul statut fait d’elle une victime des moqueries des élèves. Toutefois, c’est sans compter qu’elle est rousse, ronde et qu’elle s’habille, selon les dires de Park, comme un épouvantail. Park, quant à lui, est un garçon très ordinaire qui ne se mêle pas vraiment aux autres. Il vit dans un monde remplit de comics et de musique et ne fait absolument rien pour en sortir. Les deux protagonistes sont amenés à se rencontrer dans l’autobus, où ils partagent le même banc. Ils décident tous les deux de s’ignorer mutuellement puis, par petits gestes, commencent à se connaître de plus en plus.

Et c’est là, à mon avis, que réside toute la magie de ce livre. L’auteur consacre énormément de temps dans les débuts de la relation d’Eleanor et de Park. Elle y va petit geste par petit geste, en prenant bien son temps. Le tout fait en sorte de rendre la relation et les personnages très crédibles. À chaque nouvelle journée qui commençait, j’avais hâte de pouvoir retrouver Park (où Eleanor selon le point de vue) dans l’autobus afin de voir qu’est-ce qu’il y aurait de nouveau cette fois-ci. Certains pourraient trouver que ce passage s’étire en longueur mais, moi, je crois qu’il s’agissait du meilleur moment du livre. Je reproche très souvent aux auteurs de ne pas assez s’appliquer dans la création des relations entre les personnages mais, ici, je n’ai absolument rien à redire !

Et on ne peut pas dire que cette façon de développer une relation ajoute de l’action à l’histoire. Mais même en sachant qu’aucune péripétie grandiose ne m’attendait, j’ai réussi à dévorer ce livre en une seule journée, chose qui m’arrive très rarement ! Il faut donc croire que c’est dans la simplicité de ce récit que réside son addictivité. En effet, Rainbow Rowell a un talent fou pour rendre des banalités de la vie quotidienne extraordinaire. J’ai pu le constater à la lecture de ce roman, mais aussi par ma lecture de Fangirl. Elle sait comment exploiter le moindre petit détail et rendre son histoire accrocheuse. On n’a jamais envie de quitter les merveilleux personnages qu’elle nous présente dans ses romans puisqu’on sait que leur vie continuera même après notre passage. Et, pour ma part, il s’agit d’une véritable torture !

Parlons maintenant des personnages. Tout d’abord, je me suis vraiment beaucoup identifiée au personnage d’Eleanor. Elle a une personnalité haute en couleur et ne mâche pas ses mots. De plus, elle doute toujours d’elle-même et elle est convaincue que sa relation avec Park ne peut pas être réelle. Comme je m’identifie à elle, ses réactions à la toute fin de l’histoire m’ont quelque peu déboussolées puisque, à sa place, ce n’est pas du tout comme cela que j’aurais réagi ! Park, lui aussi, m’a beaucoup plu. Il représente pour moi l’amoureux idéal. Je l’ai trouvé particulièrement attachant et ses remarques à propos d’Eleanor sont tout simplement adorables ! Vous aurez compris que j’en suis tombée raide dingue amoureuse ! La fin m’a donc tout simplement brisée le cœur !

Pour finir, je dois parler de la fin ouverte. Eh oui, car j’en lis très rarement et je trouve cela très frustrant lorsque je tombe sur l’une d’entre elle. Je peux comprendre que cela plaît à certaine personne puisqu’une telle fin permet à chacun d’imaginer ce qu’il veut, mais moi je voudrais savoir ce que l’auteur avait derrière la tête. Je veux savoir comment elle, elle imaginait la fin au moment où elle l’a écrit ! Pour ma part, je suis capable d’imaginer plein de possibilités toutes plus plausibles les unes que les autres… Et cela me fâche, voilà tout !


Somme toute, j’ai adoré ma lecture ! Les personnages étaient très attachants et l’histoire en tant que telle était comme un baume sur le cœur. C’est avec plaisir que je relirai des romans contemporains, surtout ceux de Rainbow Rowell ! 

Est-ce que vous avez lu ce livre ? Votre opinion diffère-t-elle de la mienne ? Dites-le moi dans les commentaires !